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Je vois, je vois… Dimitri Weissenberg

BOULE DE CRISTAL – Classique au large à St-Malo, inaugure sa nouvelle édition avec un récital du jeune pianiste Dimitri Weissenberg dans un programme intitulé « Iridescence » qui ne laisse pas le public de glace. Bien au contraire : il acclame longuement l’avènement d’un enfant du pays. Et nous, devant la performance, on a voulu en savoir plus. Rencontre avec ce jeune et talentueux pianiste qui mérite un coup de projecteur : parce que nous croyons en lui !

Tel grand-père, tel petit-fils ! 

Né à Saint-Malo, Dimitri est très tôt éduqué à la musique et découvre le piano grâce à des enregistrements de son illustre grand-père, Alexis Weissenberg. Il est profondément marqué par une vidéo où celui-ci interprète la suite transcrite pour piano du ballet Petrouchka (Stravinsky) et dit « avoir été scotché et l’avoir écouté en boucle ». Elle fait d’ailleurs partie du programme de son récital. En hommage, il choisit en bis une œuvre composée par son grand-père intitulée « variations sur un thème japonais », clin d’œil également à ses origines japonaises. 

Serait-il tombé dans un chaudron de potion magique ? 

Du conservatoire de Saint-Malo au CNSMP (Dimitri termine cette année sa formation), titulaire également d’un bac S, il bénéficie du dispositif « artistes de haut niveau » proposé par Sorbonne université, ce qui lui permet de préparer également une double licence en mathématiques et philosophie. Tout l’intéresse, y compris en musique : la musique classique bien sûr mais aussi les musiques actuelles, le rock, la pop, le jazz… Il joue aussi de la guitare électrique dans un groupe de rock alternatif : Fallor !

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Dimitrix chez les bretons 

Bien qu’ayant des racines japonaises, il affirme avoir « assimilé la culture bretonne ». Elle est ancrée en lui car c’est son environnement depuis sa naissance. Il aime les paysages qu’offre les côtes bretonnes qui l’influence dans son art.  Il a inclus dans son programme une œuvre d’un compositeur breton Paul Le Flem, un compositeur qui tout au long de sa vie a mis en avant le patrimoine culturel breton et son amour pour la Bretagne. 

Double casquette

A l’aise, souriant, Dimitri se veut proche du public, en présentant chacune des œuvres interprétées. Il dit vouloir « tisser un lien direct entre le sens de l’œuvre qu’il interprète et le public. » Selon lui, l’artiste n’est donc pas qu’un interprète. Il joue aussi un rôle périphérique, celui de concevoir un programme cohérent. Vision éclectique qui témoigne d’une maturité surprenante pour un jeune homme de 23 ans. Un petit exemple de sa personnalité : le thème du festival Classique au Large cette année est la lumière. Qu’à cela ne tienne, Dimitri a nommé son programme « iridescence », en référence à une œuvre de la compositrice Camille Pépin « iridescence- Glace » qui met en musique un phénomène lumineux. Les œuvres choisies évoquent la lumière de compositeurs du XX et XXIème siècle, un panorama de différentes esthétiques. 

Lumière transfigurée dans « Reflets dans l’eau » de Claude Debussy, lumière arc-en-ciel dans l’œuvre de Camille Pépin, lumière métaphorique dans la sonate de Leos Janacek (référence à une lueur d’espoir du peuple tchèque manifestant), lumière des projecteurs sur les 3 marionnettes de son œuvre de prédilection « trois mouvements de Petrouchka » d’Igor Stravinsky. 

© Stéphane Delavoye

Il déploie un jeu pianistique plein de délicatesse, de sensibilité associée à une technique solide. Les nuances sont subtiles, les silences sont éloquents, la pédale est utilisée à bon escient. Il fait preuve d’un grand sens mélodique mais aussi rythmique grâce à la clarté de l’articulation et du phrasé. Il se montre à l’aise dans le répertoire contemporain, dans l’opus de Camille Pépin où il maîtrise la technique du déphasage avec dextérité. La sonorité prend une autre envergure, l’engagement aussi dans la sonate de Janacek, notamment dans le second mouvement intitulé « la mort ». Dans Petrouchka, il est un acrobate qui jongle avec les touches du clavier. Il tient en haleine le public par une interprétation ardente et colorée, un sens de la narration faisant vivre le destin des 3 marionnettes. 

À lire également : Je vois, je vois... Salomé Gasselin
Et l’avenir ? 

À sa sortie du conservatoire, il envisage de passer des concours pour « se faire repérer ». Sa mission d’interprète est tout d’abord de transmettre son art à tout public, donner les clés, les codes de la musique classique qui (selon lui) n’est pas complexe. Il veut la partager avec les gens de son âge pour que chacun se la réapproprie selon son ressenti : « La manière dont on va ressentir la musique dépend de ce que l’on écoute. »

Dans cette magnifique salle dite « du Grand large », avec sa vue panoramique sur la mer, on ne peut que souhaiter bon vent et un bel horizon pour ce pianiste à l’orée de sa carrière, à la personnalité musicale déjà bien affirmée. On parie que vous en entendrez bientôt parler…

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