Dernier tour de piste pour l’ONBA

CONCERT – Dernier tour de piste avant les vacances ! L’Orchestre National Bordeaux Aquitaine a appelé un copain pour finir sa saison symphonique : Domingo Hindoyan. Le chef invité avait déjà dirigé Rusalka un peu plus tôt dans la saison, depuis la fosse du Grand Théâtre. Le voilà en pleine lumière sur la scène de l’auditorium de Bordeaux, dans un monument du répertoire : la Symphonie n°1 de Mahler, dite « Titan ».

Quand on est musicien et musicienne d’un orchestre lié à une « maison » comme on dit, une saison c’est une sorte de course cycliste. On enchaîne les concerts, les opéras, les ballets comme on grimpe des cols. Alors pour que l’équipe tienne la longueur, on se doit de bien organiser les rotations, de s’assurer que les effectifs sont constants pour affronter les chaos sur la route. Gérer les forces pour gérer l’effort.

Alors, quand la dernière étape se présente avec un des sommets du répertoire en vue, on s’attend à ce que l’équipe soit en ordre de bataille. Un communiqué des membres de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, lu avant le concert par ses représentants et distribué à l’entrée de l’auditorium nous apprend que le quart des coureurs est présent sur la ligne de départ, attendant des renforts pour remplacer les derniers départs, on se demande ce qui nous attend pour ce soir. Et surtout pour la prochaine saison, qui s’annonce, et qui doit être une sacrée fête, avec l’arrivée d’un nouveau chef à plein temps : Joseph Swensen.

Mais pour l’heure, il est temps de se plonger dans les pentes du monument de la soirée : la Symphonie n°1 de Mahler, dite « Titan ». Un nom qui tombe à pic. Enfin…

Titan de Mahler : 6 ans de malheurs !

La Symphonie n°1 de Mahler, c’est l’histoire d’une galère. En 1888, alors que le jeune compositeur est un chef respecté en Autriche-Hongrie et en Allemagne, il propose la partition de sa toute première symphonie à quelques orchestres. La réponse est à chaque fois négative, jusqu’à ce que l’Opéra de Budapest, dont il est le directeur musical, accepte. La raison de l’accueil compliqué de cette nouvelle œuvre vient de sa forme, nouvelle pour l’époque. Gustav Mahler a opté pour ce qu’il appelle un poème symphonique, pour contourner les règles alors inamovibles de la symphonie, édictées un siècle plus tôt par Haydn et le mouvement classique. Pour sauver une musique par ailleurs d’une grande inventivité, avec ses emprunts au répertoire populaire, Mahler accepte de revoir sa forme, pour aller vers plus de clarté formelle. L’œuvre est créée en 1893.

Montre suisse

Dans les choix de Domingo Hindoyan, et son attitude générale, on sent cette envie de rendre à la partition une lisibilité, une clarté globale qui encadre sa progression dramatique. Tous les chapitres ont leur proportion, leur dynamique. Chaque pignon bien rangé sur le dérailleur, qui donne confiance totale dans la mécanique. On avance sans se poser de question, et c’est tout ce qu’on demande.

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Neutralité…suisse

Mais il manque un « je ne sais quoi » dans le jeu de l’orchestre ce soir-là… Un coup de pédale appuyé, une attaque franche qui déborde un peu du cadre. Partout le geste est délié, partout les intentions sont claires, mais à aucun moment Domingo Hindoyan ne vient briser la politesse de son rapport aux collègues. Peut-être qu’il a senti qu’il ne fallait pas trop les pousser dans leur retranchement, en cette fin de saison compliquée ? Ou peut-être que c’est l’effet de la courte pièce de Diana Soh jouée en ouverture, qui a dû mobiliser beaucoup de temps de cerveau disponible pour la jouer ? Toujours est-il qu’on sent un léger manque d’investissement général, que la direction généralement puissante de Domingo Hindoyan n’a pas suffi à contredire.

C’est comme ça que se termine la saison symphonique de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine : en pente douce, sans forcer. On se dit qu’après tout, c’est aussi possible qu’ils en gardent sous la pédale…

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