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Werther : ça le fait…grave

DISQUE : Un nouvel enregistrement du Werther de Jules Massenet paraît en livre-disque dans la collection cossue « opéra français » du label de la fondation Palazzetto Bru Zane. Petite originalité : il s’agit de la version baryton du rôle-titre chanté par Tassis Christoyannis aux côtés de Véronique Gens en Charlotte. L’orchestre de la Philharmonie nationale hongroise est dirigé par György Vashegyi. 

Werther, pas si rare ?

Werther est un des opéras français les plus donnés dans le monde et présente déjà une discographie relativement fournie. Alors pourquoi la fondation Palazetto Bru Zane s’attachant à faire revivre les raretés du romantisme musical français a-t-elle tenu à une nouvelle parution ? Pour la version baryton bien sûr ! Bien que de plus en plus fréquente sur scène (récemment à Tours par exemple), ce ne serait que le troisième enregistrement de cette version. Massenet avait adapté lui-même le rôle de son vivant, mais cette adaptation originale n’a pas été retrouvée. Les extraits captés par les barytons contemporains du compositeur (Mattia Battistini en particulier) diffèrent ainsi de la partition publiée par son éditeur (probablement d’une autre main).

Donner Werther à un baryton n’a donc rien d’une hérésie ! Des habitués du labels, rompus aux spécificités du style français comme à la langue ont été choisis pour les rôles principaux. Plus original, c’est la première fois que l’orchestre de la Philharmonie nationale hongroise apparait dans le catalogue de l’éditeur, d’autant plus dirigé par György Vashegyi surtout reconnu pour son expérience dans le répertoire baroque. 

L’orchestre : Romantique sous Baroque

Le chef dessine un phrasé limpide dont les fines nuances sont rendues par l’excellente prise de son. L’orchestre intègre l’intelligence dramatique de la musique de Massenet. Les instrumentistes sont unis, ce qui donne des textures raffinées même dans les nuances les plus intenses. Le lyrisme des solistes fait chavirer l’auditeur d’émotion, en particulier dans l’accompagnement du duo « ah qu’il est loin ce jour plein d’intime douceur » de l’acte 2 ou le clair de lune de l’acte 1. Les passions à l’avenir funeste sont appuyées par la puissance des cuivres teintés d’une obscurité bien sentie. L’acte 4 démarrant sur un tempo effréné peine par contre à trouver le bon rythme pour laisser le temps à la musique de se développer et faire son effet.  

À lire également : Carnet de voyage : la Venise du Palazzetto Bru Zane
Les voix : Charlotte autant que Werther
  • Charlotte est un rôle avec une tessiture ambiguë, qui nécessite à la fois de la profondeur dans le médium et des aigus expressifs, ce que peu de voix ont réussi à satisfaire pleinement dans la discographie. Véronique Gens réunit ces deux caractéristiques et fait ainsi une Charlotte tellement convaincante… Elle montre sa compréhension de la psychologie du personnage qui se reflète dans le phrasé et les inflexions de la voix. Seuls quelques excès de vibrato nuisent parfois légèrement à la compréhension du texte.
  • La voix de Tassis Christoyannis avec son timbre rond, chaud et légèrement suave convient à merveille au répertoire mélodique et aux rôles paternels. Si elle révèle avec poésie les longs développements de l’émerveillement candide de Werther face à la nature fantasmée comme face à son amour naissant pour Charlotte au début de la pièce, elle peine à convaincre dans la fougue et les passions déchirantes du jeune homme s’intensifiant lors les deux derniers actes.
  • Thomas Dollié chante un Albert ferme et dur avec un timbre sombre et riche de baryton dramatique.
  • La Sophie d’Hélène Charpentier ne possède pas la cristallinité qui caractérise habituellement le personnage. La rythmique n’est pas toujours pertinente et souvent précipitée.
  • Le Bailli de Matthieu Lécroart est franc et clair avec le soupçon d’autorité nécessaire. Sa diction est impeccable.
  • Enfin petite nouvelle particularité, Schmit est confié au ténor aigu Artavazd Sargsyan qui remplace les interprétations « de caractère » habituelles. 
Couverture du Livre-Disque © Bru Zane
C’est pour qui ?
  • Pour les amoureux de Werther qui souhaitent avoir le cœur brisé par une tessiture de baryton pour changer
  • Pour faire un cadeau à votre lyricomane préféré qui profitera d’un élégant format en plus d’un enregistrement de qualité
  • Pour la langue française comblée par la qualité globale de l’articulation des interprètes qui sublime le livret d’Edouard Blau, Paul Millet et Georges Hartmann
Pourquoi on aime ?
  • Pour la Charlotte de Véronique Gens qui s’impose parmi les références de la discographie.
  • Pour le luxueux format livre disque qui contient un important réservoir d’informations sur l’histoire de cette version et de Werther plus généralement.
  • Pour le raffinement et les couleurs de l’orchestre
  • Pour la redécouverte de cette version baryton rarement enregistrée 
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