DANSE – Pixel, un spectacle à la frontière de la danse hip-hop, du cirque et des images numériques célèbre cette année ses dix années de succès. De retour au Théâtre du 13ème art jusqu’au 1er février 2025, cette création nous plonge dans un univers numérique où les corps et les images se répondent, brouillant les frontières entre réel et imagination. Pixel n’a pas pris une ride et continue encore de nous enchanter.
Après avoir fait salle comble en 2021 et 2022 et plus de 500 représentations à travers le monde, ce spectacle phare de la compagnie Käfig dirigée par Mourad Merzouki fait son grand retour pour une série de représentations, promettant au public une expérience artistique assez unique en son genre. Révolutionnaire à sa création, Pixel est désormais devenu un classique intemporel de la danse hip-hop et il n’a rien perdu de son pouvoir de séduction auprès du public comme le prouve la standing ovation à la fin du spectacle.
Façon Vasarely
Les ingénieurs et artistes Adrien Mondot et Claire Bardainne ont conçu un environnement numérique poétique et féérique dans lequel la réalité se mêle à l’illusion. Des milliers de pixels tourbillonnant créent un décor en perpétuel mouvement, simulant des phénomènes naturels tels que qu’une pluie diluvienne, une tempête de neige ou encore une nuit étoilée. Ces projections hypnotiques rappelant les œuvres de Vasarely effacent tous les repères spatiaux et transportent le spectateur dans une expérience visuelle vertigineuse et onirique. Pixel transcende alors les frontières artistiques traditionnelles. L’esthétique cinématographique, servie par des effets 3D captivants transforme l’expérience scénique de la danse traditionnelle. Dans ce nouvel espace virtuel, la danse hip-hop et les arts du cirque se réinventent alors totalement.

Synthé-graphie
On est complètement happé dans ce trompe-l’œil géant et évolutif, où chaque mouvement des danseurs influence en live les projections numériques. Totalement troublant et captivant ! Les corps dansent et jouent avec les projections : tantôt ils dévient leurs trajectoires, tantôt ils sont entravés par des crevasses et des monticules qui surgissent sur le plateau. La frontière entre réel et virtuel devient floue : un danseur bouge de façon saccadée sous une lumière stroboscopique, un autre fait rouler sa tête d’une épaule à l’autre ou encore une femme contorsionniste enceinte se déplace telle une araignée. Chaque interprète apporte sa singularité technique : popping, swipes, head spins, contorsion ou encore acrobatie avec des cerceaux ou patinage. Il faut l’avouer : les onze interprètes sont tous très bons et assez bluffant dans leurs styles.

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Un voyage émotionnel
La musique d’Armand Amar sublime ce voyage numérique comme le souligne Mourad Merzouki lui-même : « une composition qui vient faire ressortir l’énergie, la poésie, en habitant les corps des danseurs ». Pixel provoque un émerveillement proche de l’enfance, interrogeant notre relation au numérique à travers des performances où le corps humain dialogue avec la « réalité virtuelle ». Un spectacle qui nous invite à redécouvrir la magie de l’illusion en brouillant les frontières entre l’humain et le numérique.

