AccueilA la UneJoyeux Anniversaires et Bonnes Années avec l’Orchestre de Paris

Joyeux Anniversaires et Bonnes Années avec l’Orchestre de Paris

COMPTE-RENDU – C’est une série d’anniversaires et de bonnes années qui sont réunies en un seul et même concert : celui de l’Orchestre de Paris qui sous la baguette de Klaus Mäkelä célèbre les 10 ans de l’inauguration de la Philharmonie de Paris et de fait son installation dans une salle enfin pérenne,… ainsi que le centenaire Boulez.

Il y a déjà 10 ans que la Philharmonie de Paris ouvrait ses portes au public avec un succès qui depuis ne se dément pas, entraînant dans son sillage l’Orchestre de Paris qui voguait auparavant de salle en salle, de Pleyel au Théâtre des Champs-Elysées ou même naguère au Palais des Congrès de la Porte Maillot.

Toujours jeunes

Leur premier concert de l’année (réservé aux moins de 28 ans) ne pouvait débuter son programme que par un hommage à Pierre Boulez, 2025 marquant le centenaire du chef d’orchestre, compositeur et ardent défenseur du projet de la Philharmonie. Les commandes de grands projets peuvent ainsi être architecturaux mais aussi musicaux, preuve en est avec Initiale pour septuor de cuivres, pièce courte datée de 1987, fruit d’une commande effectuée auprès de Pierre Boulez pour l’ouverture de la Menil Collection dédiée à l’art contemporain, édifiée à Houston par l’architecte Renzo Piano. Anniversaires, commandes et commémorations s’allient pour ce concert qui porte vers les hauteurs : pour donner toute sa dimension spatiale à cette œuvre, les instrumentistes se sont installés tout en haut des gradins habituellement occupés par les chœurs et juste en dessous des tuyaux de l’orgue. Le ressenti n’en est que plus accentué pour l’ensemble des auditeurs qui peuvent ensuite s’élever (quoique par un univers artistique bien lointain) avec le Gloria de Francis Poulenc. Chaque interprétation des musiques sacrées de Poulenc est comme le souvenir de sa visite au sanctuaire de Rocamadour à l’été 1936 et de sa rencontre décisive avec la Vierge noire, réaffirmant sa foi. Le Gloria exprime toutefois l’alliage sans ambiguïté et en totale liberté d’une spiritualité profane et sacrée de Poulenc, qui n’exclut pas dans son écriture les accents plus carnassiers et populaires qui peuplent sa musique et mènent aux tutti puissants dans les échos du plain-chant médiéval.

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Voix-nniversaires

La voix de la soprano Elsa Benoit possède une souplesse naturelle, un timbre pur porté par un médium bien assis et un vibrato serré qui conviennent à cette musique. Ses aigus presque éthérés semblent chercher la lumière et la grâce. Elle semble ainsi comme emporter l’ensemble par le rayonnement de son chant qui entre en interaction avec celui du Chœur de l’Orchestre de Paris préparé par son chef Richard Wilberforce.

L’Amen en triple piano qui vient conclure le Gloria est un morceau de roi, porté dans un équilibre idéal par la baguette à la foi(s) habitée et lyrique de Klaus Mäkelä, tout aussi inspiré pour Les Tableaux d’une exposition de Modest Moussorgski dans l’orchestration à la fois respectueuse et chatoyante de Maurice Ravel. Le fameux Finale « La Grande Porte de Kiev », tout en énergie et en puissance, ne peut laisser de marbre en ces temps où l’Ukraine souffre et en appelle au monde. Le public de ce superbe concert réserve une longue ovation, bruyante et réconfortante, à tous les artistes.

Demandez le programme :

P. BoulezInitiale
C. DebussyNocturnes
F. PoulencGloria
M. Moussorgski & M. RavelTableaux d’une exposition

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