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Le Köln Concert à Rennes : le grand kiff (Jarrett) !

CONCERT – À l’occasion des 50 ans du Köln Concert du pianiste Keith Jarrett à l’opéra de Cologne, l’Opéra de Rennes et le festival Autres Mesures reconstituent l’évènement qui a donné l’un des enregistrements les plus mémorables du jazz. Un concert de nuit interprété par le pianiste Melaine Dalibert.

24 janvier 1975, 22h : il y a cinquante ans, jour pour jour, heure pour heure, le pianiste de jazz Keith Jarrett était invité à se produire sur la scène de l’opéra de Cologne. Exténué par une longue tournée européenne, déçu de n’avoir à sa disposition qu’un modeste piano d’étude, mal accordé dans l’aigu (une grève ayant empêché la livraison du Bösendorfer Imperial promis par l’opéra), le pianiste se lance dans une improvisation d’un peu plus d’une heure, autour du thème de la sonnerie de rappel de la salle. Enregistré en direct ce soir-là, ce concert donne l’un des albums les plus célèbres du compositeur et pianiste américain. L’Opéra de Rennes et le Festival Autres Mesures offrent à revivre cette expérience, dans un dispositif un peu particulier, puisqu’une partie du public est installée sur scène dans des transats.

Le « Keith » total

Qui de mieux qu’un pianiste et compositeur pour comprendre cette composition hors norme ? Melaine Dalibert, par ailleurs programmateur du festival Autre Mesures, prête son talent à l’exécution du morceau. Tant pis, faute d’un mauvais piano, il doit se contenter d’un Steinway parfaitement accordé. Le jeu est concentré dans le médium et le grave du clavier. S’il se montre moins exubérant que Keith Jarrett (qu’on entend chanter et taper du pied dans l’enregistrement de 1975) l’interprétation n’en est pas moins fidèle à l’originale par sa couleur et son énergie communicative. Enfin, il maîtrise savamment l’art de la transition entre les différents mouvements du long morceau. Ceux-ci s’enchaînent sans discontinuité. Plus qu’une écoute, c’est un voyage hors du temps qui est offert à l’auditoire.

Jarrett le temps pour vous

En fin connaisseur du langage musical et de l’instrument, Melaine Dalibert se fond dans les gestes de Keith Jarrett. Les ostinatos obsédants sont déroulés avec dextérité, en variant le toucher tantôt appuyé, tantôt rapide, brossé, qui semble tournoyer autour des notes. Le phrasé est lui aussi modulé, entrecoupé pour jouer des résonances du piano, ou développé avec un balancement qui évoque la chanson. Ce sont autant de figures géométriques mouvantes qui semblent se déployer sous les doigts du pianiste. La perception du temps est altérée, l’auditoire comme bercé dans ce tourbillon hypnotique de notes qui vaut à l’interprète une standing ovation. Le public réclame un bis.

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Une dernière, après Jarrett ? Melaine Dalibert revient à son piano pour exécuter un morceau de sa composition, moins jazzy certes mais suivant les mêmes principes, dans un lent développement basé sur des motifs répétés. Quand l’Histoire se répète, pour le meilleur cette fois…

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