PLAYLIST – Chaque semaine avant les Victoires de la Musique Classique 2025, on vous propose de rencontrer les artistes nommé.es dans les catégories « Instrumental », par leurs playlist idéale, classique ou pas ! Et on commence par le/la soliste de l’année. Aujourd’hui, la gambiste Lucile Boulanger !
« Mon parnasse (non exhaustif) de musiciens inspirés, inspirants, qui ne semblent cantonnés à aucune frontière stylistique. La maîtrise absolue de l’instrument, jusqu’à son évaporation. Ne reste que le souffle vital, la liberté » – Lucile Boulanger
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Chris Thile & Edgar Meyer – Why Only One ?
« Deux géants lâchés en pleine nature. Edgar Meyer est simple, ancré et pourtant iconique. C’est la classe absolue de Bottesini au Blue Grass, en passant par ses propres compositions. »
Kate Bush – Wuthering Heights (par Cécile McLorin Salvant)
« Je suis cette chanteuse depuis longtemps déjà, avec cette fierté complètement idiote de l’avoir « découverte » avant qu’elle ne soit une star mondiale. C’est une artiste totale, dessinatrice notamment, qui maîtrise son image avec beaucoup de créativité et d’humour. On sent la fine technicienne, la musicienne curieuse, en recherche permanente. L’intelligence du texte, et la voix capable de tout, comme celle de Sarah Vaughan. »
Sokratis Sinopulos Quartet
« Un musicien rare et improvisateur de génie avec lequel j’ai parfois la chance de jouer (Lachrimae Lyrae avec L’Achéron). Il transcende totalement son instrument. D’un objet minuscule, et plutôt « rudimentaire » il fait un outil à chanter, voler, rêver, … surfant sur n’importe quel style de musique. »
Buxtehude : Ciaccona Il mondo che gira (arr. pour 2 violons, viole de gambe et basse continue)
« Sublime chaconne pour orgue, dans une non moins sublime transcription pour cordes. Combien de centaines de fois ai-je pu l’écouter ?! Entre l’ostinato de la chaconne et les motifs typiques du stylus fantasticus qui tournent sur eux-mêmes, c’est une drogue dure. (Et caramba, j’y replonge à l’instant…) »
Camille Pépin – Autumn Rhythm (Dmitry Smirnov & Marco Scilironi)
« On sent toute la concentration du concours. On imagine aussi le peu de temps imparti pour travailler cette pièce imposée. Et pourtant la magie opère et ils s’approprient la musique. J’admire l’ancrage rythmique de Smirnov, c’est rare chez un violoniste classique. Les phrases plus lyriques et flottantes sont, par contraste, encore plus belles et touchantes je trouve. »
Die Gambensonate (Bonus Track) – Karl Engel
« Parodie cultissime d’une fausse sonate pour viole, « chantée » par Karl Engel (qui a eu la malchance d’entendre de trop nombreux cours de viole depuis la salle voisine). Il saisit totalement l’essence de la viole…enfin dans ce qu’elle a de pire ! Mais quel que soit notre niveau, elle reste un instrument capricieux et tenir le pire à distance est parfois une lutte de chaque instant. J’espère en rire toujours dans 50 ans ! »

