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OPERA Awards : remise des prix à la Monnaie

CÉRÉMONIE – La maison d’opéra bruxelloise vient d’être sacrée meilleure maison d’opéra de l’année par les OPERA Awards 2025. Cette distinction, offerte par un des pays qui compte le plus grand nombre d’opéras, l’Allemagne, marque une double célébration pour l’institution tricentenaire. 

La Monnaie de Bruxelles accueille donc la cérémonie de remise des prix, tout en saluant le départ de son directeur, qui aura enchaîné trois mandats : Peter de Caluwe.

« Depuis près de deux décennies et pour sa dernière saison, Peter de Caluwe a dirigé la Monnaie à un niveau constamment élevé et avec une créativité intacte – une exception dans le monde international de l’opéra qui mérite absolument d’être récompensée. » — Ulrich Ruhnke, président du jury des OPERA AWARDS.

Si la saison 24-25 se décline sous le titre « DARE TO » (« oser »), il semblerait que l’audace ait porté ses fruits. Ce titre de meilleure maison d’opéra 2025, c’est tout autant la consécration d’un parcours qu’un joli cadeau pour la nouvelle directrice arrivante, Christina Scheppelmann qui quitte l’Opéra de Seattle en juillet, où elle a reçu un titre de « meilleur leadership » des OPERA Awards en 2024. Elle arrive pour diriger une maison à son apogée. 

L’année précédente déjà, La Monnaie avait été nommée dans les catégories « Durabilité » pour son engagement écologique à travers le projet Green Opera, et « Égalité des Chances & Impact » pour le programme Un pont entre deux mondes en 2023… Mais trêve de flatterie, Les OPERA Awards ont encore 19 autres prix à remettre ! 

Pour ceux qui ont manqué l’évènement, OperaVision s’est chargé de la captation et de sa diffusion sur Youtube. Comme à son habitude, Alain Altinoglu déborde d’énergie à la direction de l’orchestre symphonique de la Monnaie, qui résonne depuis la fosse. 

Le Palmarès :

Meilleure création : « Die Jüdin von Toledo » (La Juive de Tolède) du compositeur allemand Detlev Glanert. Inspirée d’un amour impossible entre une juive et un roi chrétien dans l’Espagne médiévale, cette œuvre a été saluée pour sa puissance dramatique. Le librettiste Hans-Ulrich Treichel est monté sur scène pour récupérer le prix au nom du compositeur absent.

Meilleur projet d’avenir : le Copenhagen Opera Festival , qui se distingue par sa programmation audacieuse et son engagement envers l’accessibilité de l’opéra. L’équipe a présenté ce projet avec enthousiasme, promettant un avenir lyrique radieux au Danemark.

Meilleur festival: Opernfestspiele Heidenheim (OH !), ce festival allemand niché dans le Bade-Wurtemberg est remarqué par son exigence artistique et son cadre pittoresque. 

Meilleur album solo : la mezzo-soprano Aigul Akhmetshina, originaire de Russie, a conquis le jury avec un enregistrement dédié à Rossini. Et pour illustrer ce talent, elle a interprété sur scène “Non più mesta” de La Cenerentola. Un moment suspendu, où sa voix de miel tiède s’est déployée avec une technique impeccable, un legato soyeux et des aigus ciselés avec une clarté quasi mathématique. Un ornementation sans faille, un souffle infini et une aisance insolente. 

Meilleur enregistrement d’Opéra : Le Prophète de Giacomo Meyerbeer sous la baguette de  Mark Elder à la direction du London Symphony Orchestra, capté en direct au Festival d’Aix-en-Provence.

À lire également : le compte-rendu du concert sur Ôlyrix

Meilleur metteur en scène : le prix revient à Tobias Kratzer, metteur en scène allemand survolté, dont l’énergie et la vision artistique ont marqué les esprits cette saison. Son Das Rheingold a été salué pour son approche quasi cinématographique, et très contemporaine. 

Meilleur révélation : la distinction revient à Maayan Licht et sa voix de Sopraniste. Dans un discours bouleversant, l’héritage de la voix et la quête de lumière intérieure sont évoqués au service d’un engagement profond pour le répertoire baroque. Mais c’est surtout par sa prestation que Licht a fait chavirer l’auditoire : avec une voix de sopranista (un timbre hybride fascinant), il livre une interprétation magistrale de “Ombra mai fu” de Haendel. 

Meilleure scénographie, meilleurs costumes : le talentueux Christophe Coppens, couturier et créateur belge, a été récompensé pour son travail exceptionnel sur une Turandot futuriste, transposée dans le Shanghai de 2025. Derrière cette vision spectaculaire, c’est tout un savoir-faire artisanal qui s’exprime, les ateliers de La Monnaie, véritables maîtres d’œuvre de cette magie visuelle. Exit les brocarts impériaux traditionnels, Coppens a réinventé la Cité Interdite en une jungle de gratte-ciel luminescents, et habillé les protagonistes de costumes haute couture, oscillant entre dystopie cyberpunk et raffinement nostalgique des robes de cocktail des années 50. 

Meilleure redécouverte : Inspiré du roman inachevé de Franz Kafka, Amerika prend une nouvelle dimension dans une production inédite mêlant opéra, performance et expérimentation scénique. Présentée à l’Opernhaus Zürich, sous la direction musicale de Gabriel Feltz et la mise en scène de Sebastian Baumgarten, cette création offre un spectacle total, entre errance kafkaïenne et déconstruction lyrique !

 
Meilleur chef d’orchestre :
Le prix revient à Pablo Heras-Casado, directeur musical espagnol au rayonnement international, dont la saison 2024 a été marquée par des triomphes successifs, également consacré chef de l’année 2024 par le magazine Opernwelt). Après des débuts remarqués à Bayreuth, il s’est imposé avec une interprétation aérienne et lumineuse de Parsifal, sublimée par une distribution d’exception.

Meilleur soliste masculin :  « Of course, it’s a tenor », lance Eleonore Büning à propos du lauréat Klaus Florian Vogt. L’année 2025 étant wagnérienne, c’est l’un des plus grands interprètes – si ce n’est le plus grand ténor wagnérien – qui investit la scène et les vestiges du décor du Götterdämmerung, pour entonner des extraits des actes I et II de Siegfried de Richard Wagner.

Meilleure soliste féminin : La soprano américaine Corinne Winters, à l’allure féline et à la voix extrêmement souple, avait interprété une Rusalka des plus ondines à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège et revient ici pour récupérer son prix, avant d’interpréter “Song to the Moon” d’Antonín Dvořák, évidement…

Meilleur orchestre – Meilleur Chœur : Ce prestigieux doublé revient à Raphaël Pichon et son ensemble Pygmalion, fondé en 2006 et reconnue pour son travail minutieux sur l’interprétation baroque et l’hybridation entre orchestre et voix. Lors de son discours, Pichon a livré un plaidoyer pour recentrer l’opéra sur son rôle fondamental : être un vecteur d’espoir, sous l’étiquette de la « Hope Era » qui vient contrebalancer les actualités difficiles.

Meilleure production : Le prix revient à L’Idiot, mis en scène par Krzysztof Warlikowski, qui confirme une fois de plus son art de la mise en scène, à la fois incisif et cérébral. L’œuvre du compositeur Mieczysław Weinberg, inspirée du roman de Dostoïevski, se déploie dans une lecture radicale et percutante, présentée au prestigieux Festival de Salzbourg et portée par l’Orchestre Philharmonique de Vienne.

Prix spécial: François Duplat mérite une palme d’honneur en tant que producteur de cinéma et de programmes culturels, particulièrement investi dans la diffusion de l’opéra et des arts lyriques. À la tête de Bel Air Media, il s’est spécialisé dans la captation et la production de spectacles d’opéra, de musique classique et de ballet, contribuant à la diffusion des productions majeures issues des plus grandes scènes européennes. 

En ouverture, la Maison présente ses chœurs sous la direction d’Emmanuel Trenque, offrant un solennel et nostalgique Va, pensiero, extrait de Nabucco de Verdi. Une invitation à méditer sur la nature de l’opéra et sur la manière de perpétuer la « Hope sera », une formule que nous emprunterons désormais à Raphaël Pichon.

Résumé : Liste des Prix et Gagnants des OPERA Awards 2025

  • Meilleure maison d’opéra : La Monnaie (Bruxelles)
  • Meilleure création mondiale : Die Jüdin von Toledo – Detlev Glanert
  • Meilleur projet futur : Copenhagen Opera Festival
  • Meilleur festival : Opernfestspiele Heidenheim (OH !)
  • Meilleur album solo : Aigul (mezzo-soprano) – Rossini
  • Meilleur enregistrement d’opéra : Le Prophète – Giacomo Meyerbeer, dir. Mark Elder
  • Meilleur metteur en scène : Tobias Kratzer (Das Rheingold)
  • Révélation de l’année : Maayan Licht (sopranista)
  • Meilleur scénographe / Meilleur costumier : Christophe Coppens (Turandot, vision futuriste)
  • Meilleure redécouverte : Amerika (inspiré du roman de Franz Kafka) – Opernhaus Zürich
  • Meilleur chef d’orchestre : Pablo Heras-Casado (Parsifal)
  • Meilleur chanteur masculin : Klaus Florian Vogt (Siegfried, Wagner)
  • Meilleur orchestre / Meilleur chœur : Ensemble Pygmalion – dir. Raphaël Pichon
  • Meilleure production : L’Idiot – mise en scène Krzysztof Warlikowski
  • Meilleure chanteuse féminine : Corinne Winters (Rusalka, Dvořák)
  • Prix d’honneur pour contribution à l’opéra : François Duplat – Bel Air Media
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