AccueilA la UneThomas Docquir danse La Bayadère, une étoile née au Royaume des Ombres

Thomas Docquir danse La Bayadère, une étoile née au Royaume des Ombres

DANSE – Il y a des nominations qui semblent évidentes, comme celle de Thomas Docquir. Dimanche 21 juin, à l’issue de la représentation de La Bayadère, le danseur belge a été nommé danseur étoile du Ballet de l’Opéra de Paris.

Une consécration inattendue et pourtant parfaitement logique pour celui qui remplaçait au pied levé Hugo Marchand dans le rôle éclatant de Solor. Aux côtés des étoiles Dorothée Gilbert et Roxane Stojanov, il a fait d’une prise de rôle une soirée de couronnement.

À l’entracte, la présence dans la salle de José Martinez, d’Elisabeth Platel et d’Alexander Neef (triumvirat maison) alimentait déjà les spéculations. Puis, à la fin de la représentation, lorsque les lumières ont tardé à se rallumer et que les regards se sont tournés vers les coulisses, il n’y avait plus de doute…

Une nomination d’étoile est toujours un moment d’émotion. Thomas Docquir l’a amplement méritée. Comme un ultime enchantement après le Royaume des Ombres, une nouvelle étoile est apparue sur la scène de Bastille, sous les applaudissements d’un public conscient d’assister à un moment si rare.

Propulsé au dernier moment dans le rôle de Solor, le danseur aura ainsi transformé cette représentation en soirée de consécration. Dès son entrée, sa présence lumineuse et son sourire rayonnant ont capté le public. Il semblait s’envoler à chacun de ses sauts sans jamais retomber sur ses pieds. Son jeu dramatique était tout aussi impressionnant en guerrier viril déchiré entre son amour pour Nikiya et un mariage de raison avec Gamzatti. Dans le Royaume des Ombres, lorsqu’il erre à la recherche de son amour perdu, Thomas Docquir nous a démontré une fois de plus toute sa puissance technique. 

Au cœur de ce triangle amoureux, Dorothée Gilbert est tout simplement fabuleuse et nous rappelle pourquoi elle demeure l’une des plus grandes danseuses de sa génération. À quelques mois de ses adieux, prévus le 15 octobre, l’étoile danse toujours avec autant d’intensité. Son interprétation atteint son summum dans la variation du serpent : son jeu dramatique et sa technicité sont irréprochables.  

Face à elle, Roxane Stojanov livre une Gamzatti prodigieuse. Impériale dans sa confrontation avec Nikiya, la scène de la dispute atteint une intensité presque théâtrale lorsqu’elle gifle Nikiya, tandis que sa technique semble ne connaître aucune limite avec des tours et des fouettés sans fin.

Autour d’elles, le corps de ballet est à son apogée. Mention spéciale aux trois Ombres (Bianca Scudamore, Hohyun Kang, Inès McIntosh), d’une élégance et d’une précision remarquables, qui prolongent cette impression d’excellence collective.

Si La Bayadère fascine toujours autant c’est bien entendu aussi pour sa procession de trente-deux danseuses en tutu blanc descendant lentement jusqu’au plateau. Toujours le même mouvement, une simple arabesque sur la même jambe sur la musique hypnotique de Minkus. Hors du temps.

Fidèle à l’esprit de Marius Petipa tout en poussant plus loin encore la virtuosité et l’intensité dramatique, Rudolf Noureev lègue ainsi encore et toujours à la compagnie une version somptueuse, presque un rite de passage pour les danseurs, où beaucoup ont été nommés étoiles (Paul Marque en 2020 et François Alu en 2022 pour les plus récents).  

Une nouvelle étoile est née dans cette constellation…

Photo de Une © Yonathan Kellerman / OnP

À Lire également : Thomas Docquir nommé Danseur Étoile

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