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Des abîmes de l’enfer au Banquet céleste : Résurrection à l’Opéra de Rennes

OPÉRA – Le Banquet Céleste, ensemble en résidence à l’Opéra de Rennes, a donné une représentation de la Résurrection, oratorio de Georg Friedrich Haendel, avec la participation des solistes Nardus Williams, Céline Scheen, Paul-Antoine Bénos-Dijan, Thomas Hobbs et Thomas Dolié. Une production particulière puisqu’elle se passe de chef d’orchestre.

Jouer sans chef : can you Haendel it ?

Si le Banquet Céleste s’est fait un nom au sein des orchestres de musique baroque, c’est par son souci d’excellence et de cohésion. Depuis cette saison, l’ensemble porte un nouveau projet, rare en France : celui d’un fonctionnement collégial. Les décisions artistiques sont ainsi prises collectivement, tout comme celles qui concernent l’interprétation musicale. Cette Résurrection a été jouée sans direction d’orchestre. Tout comme Jésus dans l’œuvre de Haendel (tout le monde parle de lui, mais il n’apparaît jamais) le chef brille par son absence. Un pari risqué ? Absolument pas, car fort d’une expérience commune de 15 ans, l’ensemble est synchronisé à la perfection. Un simple échange de regards suffit à fixer les départs. Chacun apporte sa pierre à l’édifice musical. Les musiciens – c’est le cas de le dire – s’entendent à merveille.

© Laurent Guizard

Les voix du Seigneur sont imperturbables

Qu’en est-il des chanteurs ? Le fait de chanter sans chef ne serait-il pas pour eux une entreprise périlleuse ? Seul le ténor Thomas Hobbs (dans le rôle de Giovanni) est membre honoraire du Banquet Céleste, habitué à travailler de concert avec le reste du groupe. Les autres interprètes vocaux sont invités. Or, tous et toutes s’intègrent parfaitement à l’ensemble. Cela contribue même à les mettre en lumière.

© Laurent Guizard
  • Dans le rôle de l’Ange, la soprano Nardus Williams déploie une voix lumineuse, au phrasé souple et virevoltant sur les longues envolées de vocalises.
  • Face à elle, le baryton Thomas Dolié incarne un Lucifer plein d’ardeur et de morgue, avec une projection bien sonore tant sur ses graves grinçants que sur ses aigus tranchants.
  • L’écoute entre les chanteurs et les instrumentistes est remarquable, notamment avec Céline Scheen (Maddalena) dont la présence altière focalise l’attention. Son interprétation a quelque chose d’expansif, servie par un timbre de mezzo-soprano ardent.
  • Dans le rôle de Giovanni, Thomas Hobbs déjà nommé, présente bien la clarté vocale et l’expressivité qui sied à un ténor britannique. Il ne semble cependant pas dans son meilleur soir et son émission éclatante est parfois ternie par une certaine nasalité, qu’il a soin d’éviter dans l’extrait disponible sur le site du Banquet Céleste.
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Enfin, choix rare de la distribution : le rôle de Cloefe, habituellement chanté par une contralto, est ici attribué à un contre-ténor, Paul-Antoine Bénos-Dijan, à la voix ronde et sombre. Il assure une grande expressivité à sa partie avec un léger pincement sur ses attaques, comme un sanglot, du plus bel effet en tout cas.

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