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Les Noces de Figaro ou la Folle Journée du CNSMD de Paris

OPÉRA – Pour sa production lyrique annuelle, le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, en co-production avec la Philharmonie, présente Les Noces de Figaro de Mozart sous la direction de Paul Daniel dans une mise en scène de Mariame Clément. 

Les Noces de Figaro est le premier opus de la trilogie Mozart-Da Ponte d’après la pièce de Beaumarchais Le mariage de Figaro ou la folle journée. Et il en aura fallu un certain nombre, de folles journées, aux étudiants du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) pour mener à bien ce projet ambitieux. 

Des folles journées de cours

N’entre pas qui veut au CNSMD de Paris : le concours d’entrée pré-requiert des compétences supposant en amont, une formation sérieuse. Une fois l’école intégrée, les chanteurs et chanteuses vont bénéficier d’une formation approfondie, leur laissant peu de temps pour trainer à la cafétéria : cours de chant avec un professeur ou son assistant, travail avec un chef de chant, un professeur de diction lyrique, cours de musique de chambre, d’art dramatique, de danse, de langue,  séances de technique Alexander, de choeur, des classes de maître etc. Ils passent également des auditions pour préparer leur entrée dans le métier. Pour dire qu’une folle journée ne leur fait pas peur ! 

© Ferrante-Ferranti

Et ça marche! 

 La metteuse en scène Mariame Clément  « les trouve extrêmement bien préparé(e)s… ». 

Le couple Suzanne – Figaro est particulièrement bien assorti. La soprano Thaïs Raï-Westphal est une Suzanne au caractère bien trempé et à la voix solidement accrochée qu’elle projette aisément. Lysandre Châlon prête son baryton-basse robuste et chaleureux au personnage de Figaro, sa présence théâtrale relevant de la prouesse tant il s’active sur scène avec bonheur.  

Dans une posture altière et une voix bien placée, Le baryton Paul-Louis Barlet incarne le comte Almaviva. Sa théâtralité retenue et son volume vocal restreint apposent à son personnage une froideur saisissante.  Sa femme, la comtesse Almaviva, est interprétée par la soprano Candice Albardier. Sa voix s’élève dans une certaine puissance, campant un personnage noble et dramatique. Cependant, elle fait montre d’espièglerie, rappelant qu’avant d’être comtesse, elle fut la malicieuse Rosine dans le Barbier de Séville

Léontine Maridat (mezzo-soprano) interprète avec bonheur le personnage de Cherubino. Sa voix rutilante et son jeu mutin convergent idéalement. 

Alix De Guérines incarne joyeusement Marcellina de sa voix au vibrato prononcé et à l’accroche assurée, comme l’est son personnage à son sac à main. Le baryton-basse August Chevalier en Bartolo, prend très au sérieux l’esprit de revanche qui l’anime dans un geste vocal quelque peu poussif, amenuisant parfois son timbre. 

Le ténor Antonin Alloncle ne fait qu’une bouchée des rôles de Basilio et Don Curzio qu’il interprète de sa voix précise et veloutée. Il  change de corporalité selon qui il incarne dans un comique irrésistible. 

La voix de soprano de Chun Li est aérienne et suspendue à l’égal de ses couettes, faisant apparaitre toute la juvénilité du personnage de Barbarina et Nicolas Hézelot est un Antonio bêta à souhait,  sa voix de basse peinant cependant à trouver le centrage pour une projection requise. 

Encadrement sérieux- journée réussie

Les deux personnalités artistiques travaillant sur le projet abordent leur rôle de pédagogue avec sérieux et enthousiasme. 

La metteuse en scène Mariame Clément a à coeur de transmettre la façon d’aborder un rôle, en proposant un travail méticuleux sur le texte. Les étudiants s’approprient alors leur personnages, les intrigues et les sous-intrigues de l’oeuvre dans une lisibilité permanente. Les nombreux travestissements et quiproquos sont assumés avec maestria et les jeux scéniques parfaitement réglés. Si le projet de la metteuse en scène est de raconter l’histoire le plus clairement possible, elle y ajoute cependant beaucoup de malice déclenchant les rires du public (par exemple, Figaro crache en mesure sur les bottes qu’il est en train de cirer en chantant « Se vuol ballare signor contino », ou encore,  la comtesse montre résolument son agacement d’être dérangée aux moments d’intimité partagés avec Chérubin ou avec le Comte). 

© Ferrante-Ferranti

Le chef Paul Daniel, lui, met en avant son rôle de soutien en aidant les étudiants chanteurs et instrumentistes à canaliser leur énergie. Sa générosité et son désir de partage sont louables, cependant, le son de l’orchestre apparait quelque peu épais et peine à obtenir des nuances subtiles. Sa direction, priorisant le phrasé, semble appropriée au déploiement des lignes mozartiennes. Néanmoins, sans geste précis, il perd parfois les solistes dans les moments d’ensemble provoquant quelques décalages entre la fosse et le plateau. 

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Tout est bien qui finit bien

Après le septuor final célébrant la réconciliation, la folle journée s’achève dans la joie. Celle du public qui acclame les jeunes artistes et celle des chanteuses et chanteurs qui, le rideau à peine baissé, font entendre des cris de contentement. 

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