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Titanique : la face déjantée de l’iceberg

COMÉDIE MUSICALE – Une comédie musicale queer venue tout droit du Off-Broadway transforme le naufrage le plus célèbre de l’histoire en un show complètement barré avec Céline Dion en guide touristique ! Une folie musicale qui fait chavirer le bon goût, à découvrir au Théâtre du Lido à partir du 24 avril. 

Après avoir conquis Los Angeles en 2017 puis New York, Londres, Sydney et Montréal, et décroché l’Outstanding Musical au Lucille Lortel Award, Titanique jette l’ancre au Lido 2 Paris dans sa version originale surtitrée en français. La « véritable histoire » du paquebot maudit n’aura plus aucun secret pour vous, et c’est Céline Dion elle-même qui vous la raconte. Une dinguerie musicale qui fait exploser les codes du bon goût en transformant la tragédie maritime la plus célèbre en une fête queer déjantée. Mais rassurez-vous : la qualité vocale est bien là et les interprétations sont dignes de la scène new-yorkaise.

Céline Dion insubmersible

On savait déjà que le Titanic était indissociable de Céline Dion depuis son tube planétaire pour le film culte de James Cameron. Mais qui aurait pu imaginer que la diva québécoise était apparemment présente sur le paquebot en 1912 ? C’est pourtant le synopsis absurde que nous propose Titanique

Voilà que Céline Dion, perruque blonde, survoltée et clinquante dans sa robe dorée, interprétée par l’épatante Astrid Harris, débarque à l’improviste dans un musée commémoratif du Titanic et détourne une visite guidée pour livrer aux visiteurs « sa » version des faits. Elle aurait non seulement assisté au naufrage, mais aussi influencé l’histoire d’amour entre Jack et Rose. S’ensuit une relecture parodique délicieusement potache du film culte : Jack (Oliver Bales) est un piètre dessinateur un brin macho, Cal (Sam Ferriday) semble préférer les garçons, et Rose (Jessica Aubrey) est une jolie oie blanche naïve, le tout ponctué des tubes de Céline, de I’m alive en ouverture à l’inévitable My heart will go on en clôture. On en pleurerait presque de nostalgie. 

© Julien Benhamou

Iceberg droit devant

Complètement dévergondé et transgressif, ce musical s’affranchit de toutes les conventions en multipliant les anachronismes avec une jouissance non dissimulée : les passagers s’envoient des textos sur le paquebot, le fameux diamant bleu, le « cœur de l’océan » est un pendentif géant en tissu acheté chez Claire’s et les soupirants de Rose, Cal et Jack, s’affrontent dans une bataille de lip-sync « for your life… » dans la pure tradition de «RuPaul’s Drag Race». Quant à la méchante mère de Rose, c’est une drag queen flamboyante à la silhouette évoquant John Waters (Andrew Pepper impériale) qui la campe, dotée d’une voix délicieusement irrésistible et d’un sens de la comédie ravageur. Mais la mention spéciale du grand n’importe quoi revient au personnage de l’« iceberg bitch », incarné par l’incroyable Damien Winchester, qui prend les traits d’une Tina Turner, déesse démoniaque vêtue de blanc, venue couler le navire.

© Julien Benhamou

Bref vous l’avez compris, l’esthétique camp et queer est assumée jusqu’à l’overdose avec ses décors en carton-pâte, ses costumes de mauvais goûts et un humour souvent graveleux, comme dans cette scène mémorable où Rose et Céline entament un duo sur Tell Him avec un vibromasseur-aubergine en guise de micro. 

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Les puristes de comédies musicales du style Broadway risquent de chavirer, mais les fans de Céline et les amateurs d’humour queer passeront clairement un moment jubilatoire. Car malgré cette débauche de délire potache, la troupe déploie un talent vocale indéniable : en tête, Astrid Harris époustouflante en Céline avec ses mimiques et sa voix incroyable et Jenny O’leary formidable dans le rôle de Molly. 

© Julien Benhamou

Sous ses aspects de parodie trash, Titanique témoigne finalement d’un véritable amour pour la culture pop des années 90, multipliant les clins d’œil à Scream et autres films cultes. À la croisée du music-hall, de la drag culture et de la parodie façon Scary Movie, cette comédie musicale prouve que même si le Titanic a bien sombré, l’humour trash et Céline Dion, dont personne n’a oublié la performance incroyable lors de la cérémonie d’ouverture des JO 2024, eux, restent définitivement insubmersibles. 

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