AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - InstrumentalAltinoglu et Malofeev frappent fort à Colmar

Altinoglu et Malofeev frappent fort à Colmar

FESTIVAL – Le second concert proposé au Festival International de Colmar par Alain Altinoglu au côté de l’Orchestre Symphonique de la Radio de Francfort se voulait un hommage appuyé à la grande musique romantique russe avec des œuvres emblématiques de Rachmaninov (avec Alexander Malofeev en soliste) et de Nikolaï Rimski-Korsakov. 

Enfant prodige, phénomène de l’école russe de piano, croulant sous les récompenses et les prix, Alexander Malofeev, 24 ans, s‘est imposé au niveau mondial. Dans le champ peuplé des grands solistes, le Concerto pour piano n° 2 en do mineur de Rachmaninov est son cheval de bataille. Tout de noir vêtu, en parfait contraste avec sa chevelure d’un blond rayonnant, Alexander Malofeev semble ne faire qu’un avec son piano. Outre ses qualités évidentes de virtuose, il surprend l’auditeur par une sensibilité constante et une sorte de clarté permanente qui enveloppe son jeu. Du majestueux premier mouvement, il fait ressortir toutes les variations et exacerbe le thème orchestral constamment envoûtant.

Concerto à poigne

Dans le vaste cadre un peu réverbérant de l’Eglise Saint-Matthieu, l’orchestre abuse un peu de puissance et de caractère dans ce premier mouvement. Le pianiste pour autant ne cherche pas à surjouer ou à imposer sa technique à toute épreuve. Bien au contraire, tout au long du Concerto, Alexander Malofeev évite toute gratuité inutile et recherche la symbiose parfaite avec les musiciens et leur chef Alain Altinoglu. Celui-ci semble comme fasciné par la prestation du jeune pianiste surdoué. Le toucher de celui-ci à la fois percutant et aérien, cette riche palette de couleurs, transcende une œuvre qui marque la renaissance du compositeur après une période douloureuse marquée par la dépression, puis par la thérapie salvatrice suivie.

© Bertrand Schmitt

Alexander Malofeev apporte des clés de jeunesse et d’espoir dans son interprétation qui soulèvent d’enthousiasme le public, mais aussi les musiciens présents sur scène. Devant cet accueil empli de chaleur, Alexander Malofeev choisit de donner en bis un Nocturne de Mikhaïl Glinka, La Séparation. Ce morceau tout en délicatesse et en demi-teinte, exalte un autre versant du talent du pianiste, celui des profondeurs de l’âme et du sentiment authentique.

© Bertrand Schmitt

Shéhérazade : la claque

La Shéhérazade de Rimski-Korsakov occupait toute la seconde partie de cette soirée russe. Alain Altinoglu s’en donne à cœur joie tout en maîtrisant les envolées de l’orchestre et des solistes, dont celles superbes et presque diaphanes du premier violon Ulrich Edelmann et de la harpiste Anne-Sophie Bertrand. Mais la prestance de l’ensemble des pupitres se doit d’être signalée, dont les cuivres exemplaires, tant le résultat d’ensemble s’impose. Cette musique enveloppante fleure bon l’épique et l’Asie des vastes espaces.

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Cette rêverie en musique emporte l’auditeur vers un orient certes imaginaire, mais qui ravit depuis sa création en 1888 le public du monde entier. Une fois encore, Alain Altinoglu a frappé fort.

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