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Wiener Philharmoniker : parfait. Welser-Möst : rien à dire…

CONCERT – Le Théâtre des Champs-Élysées fait sa rentrée des classes en accueillant les Wiener Philharmoniker. Conduits par Franz Welser-Möst, les Viennois livrent une prestation impeccable mais dépourvue d’imagination. En première partie, la 38e symphonie de Mozart rappelle les interprétations d’avant la révolution baroque puis la Pathétique de Tchaïkovski impressionne mais n’émeut pas. Retour sur un concert paradoxal.

Mozart : calme et plat

Au concert, il arrive que rien ne soit bon ou que la réussite soit complète et parfaitement enthousiasmante. D’autres encore sont irréprochables mais ne suscitent aucune émotion. Avec la 38e de Mozart Franz Welser-Möst s’inscrit dans cette dernière catégorie, les tempos sont rapides mais sans fièvre, l’hétérogénéité d’articulation est réelle mais lissée, et si la musique s’écoule sans pesanteur, elle ne parle pas. Les dynamiques semblent binaires et les ruptures sont démonstratives. L’ennui guette car, à rebours de la tradition pré-révolution baroque, on n’entend ni drame ni théâtre à l’exception de rares moments – souvent des charnières formelles – où Welser-Möst s’en empare.

Tchaïkovsky vs Épicure

Les choses s’améliorent relativement dans Tchaïkovski, où le sentiment de lissage disparaît. Ici la partition est restituée avec une attention au détail : tous les modes de jeux semblent plus saillants, on suit avec facilité le déroulé de la symphonie. Pour autant l’émotion ne surgit pas – un comble pour la Pathétique ! – tant l’ensemble est trop propre. Manquent alors la prise de risque, l’urgence et la souffrance. Seul le troisième mouvement, et sa marche militaire au cordeau, catalyse vraiment une énergie sous-employée dans le reste de la symphonie.

Les bois se chauffent !

Reste qu’on a le plaisir d’écouter l’orchestre philharmonique de Vienne. Le pupitre des bois fait merveille dans Mozart, eux ont l’opéra dans le souffle ! Ils chantent et colorent chaque ligne, le moindre contre-chant comme la plus simple ponctuation. Ils agissent en ensemble indépendant qui se rallie volontiers au travail des cordes. Celles-ci scintillent et, versatiles, nous délectent de couleurs variées. Dans la Pathétique aussi on apprécie ce moelleux des cordes qui se meut en un implacable staccato nerveux en un instant et on admire plus encore la parfaite synchronisation des pupitres dans les sautillés [technique où l’archet rebondit sur la corde très rapidement] sans bavure. Les cuivres donnent du mordant mais aussi de la profondeur de champ à une lecture dont la clarté polyphonique est une des premières qualités.

À lire également : L’Europe à pleins tubes – Vienne, jour 1

On cède ainsi à l’indicible bonheur d’écouter encore les Wiener Philharmoniker, même si on doit regretter une direction certes efficace et irréprochable, mais bien peu inspirée.

Demandez le programme !

  • W.A. Mozart – Symphonie n°38 « Prague »
  • P.I. Tchaïkovski – Symphonie n°6 « Pathétique »

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