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La Main Gauche par l’EIC : résister à l’oubli

ARTICLE SPONSORISÉ – Après une création à St-Jean-de-Luz, sur les terres basques de Ravel, l’Ensemble intercontemporain dirigé par Pierre Bleuse présente au public parisien de la Cité de la Musique La Main Gauche, opéra de Ramon Lazkano basé sur le roman Ravel de Jean Echenoz qui relate les dix dernières années de la vie du compositeur.

Avril 1928 – Baie de New York : Accoudé au bastingage, Maurice Ravel savoure sa gloire américaine. Il sort d’une tournée triomphale aux États-Unis. Concerts, récitals, conférences, interviews : partout sur son passage Ravel attise la curiosité, suscite l’admiration, et laisse sa trace, indélébile, sur le paysage musical mondial.

Le voilà sur le pont, pensant à ce qui l’attend pour la suite de sa vie de musicien. La gloire, le retour triomphal, des commandes comme s’il en pleuvait…

– Un Boléro ? Un Concerto pour la main gauche du pianiste… Comment il s’appelle déjà ?

– Et la danseuse du Boléro ? Non, pas moyen de m’en souvenir. Tant pis, ça reviendra.

10 ans de solitude

Malheureusement, non, M. Ravel, ça ne reviendra pas. Petit à petit chez cet homme à la conversation fertile, les mots disparaîtront. Et pire encore, la musique s’effacera peu à peu de son esprit. Les dernières années de sa vie seront un oubli progressif, une plongée lente et douloureuse vers un silence forcé. La forme que prend la dégénérescence cérébrale qui l’emportera en 1937 est le comble du malheur pour un musicien.

Ce sont ces 10 dernières années de vie que raconte Jean Echenoz dans son roman, Ravel. Un livre qui tisse dans les entrelacs de la biographie quelques fils d’une fiction bienveillante, et introduit quelques personnages, réels ou non, qui accompagneront Ravel dans l’intimité de plus en plus forcée de son esprit.

Images prises par le Festival Ravel, août 2025 © Valentine Chauvin

Main « gauche »

Et c’est ce roman qui a lancé Ramon Lazkano, compositeur basque, dans le projet de composer un opéra sur son idole musicale. Après des années de mise en mouvement, d’hésitations et de travail, l’œuvre prendra son titre définitif : La Main Gauche. Comme une des dernières œuvres profondément significatives que Ravel a composées, le fameux Concerto pour la Main Gauche. La Main Gauche évoque le handicap, bien sûr physique, qui rejoint celui d’un esprit dont la main malhabile (« gauche ») peine à retranscrire la richesse et la fertilité (tout l’inverse de ce qu’accomplit la main gauche solo du pianiste dans le Concerto en question).

© Valentine Chauvin

Pour raconter cette histoire et peindre les tableaux qui la traversent, Ramon Lazkano convoque le personnage de Ravel bien sûr, interprété par le ténor Peter Tantsits, mais également la Femme (par Marie-Laure Garnier) et l’Homme (par Allen Boxer). Quant à l’orchestre, qui de mieux pour porter cet héritage que l’Ensemble intercontemporain, dirigé par Pierre Bleuse et créé par Boulez, un chef qui a radicalement changé la perception de la musique de Ravel dans les années 1970 ?

© Valentine Chauvin

Pour découvrir cette œuvre et ce spectacle que vous oublierez d’oublier, rendez-vous ce 3 octobre à 20h, à la Salle des Concerts de la Cité de la Musique de Paris. Et pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de l’Ensemble intercontemporain.

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