AccueilActusDécès de Robert Massard à 100 ans : les souvenirs d'un admirateur

Décès de Robert Massard à 100 ans : les souvenirs d’un admirateur

DISPARITION – Il avait fêté ses 100 ans en août dernier, le baryton français Robert Massard est décédé ce vendredi 26 décembre 2025.

Un baryton de l’après-guerre

Parmi tous les grands barytons français de l’après-guerre d’Ernest Blanc à Gabriel Bacquier, ou Michel Dens, Robert Massard occupe une place de choix. Encore en pleine possession de ses moyens, et comme il me l’avait alors confié, il avait choisi de s’éloigner au début des années 1980 afin ne pas avoir à commencer à décevoir ce public auquel il devait tant. Homme à la fois simple d’approche mais au caractère affirmé, Robert Massard a abordé durant une carrière qui l’a mené aux quatre coins du globe, de nombreux ouvrages lyriques du répertoire français ou italien dans des rôles principaux, sans négliger le genre plus léger de l’opérette, notamment pour des enregistrements.  

Encore jeune et me reportant à mes déjà lointains souvenirs de l’époque, je me souviens ainsi l’avoir admiré pour la première fois sur scène au Palais Garnier dans ce rôle d’Escamillo de Carmen, dans la fastueuse production de Raymond Rouleau (rôle ausi gravé auprès de Maria Callas). Peu de temps après, je me souviens l’avoir vu aussi en Figaro du Barbier de Séville – donné alors en français – au Comique avec Mady Mesplé et Roger Soyer. 

L’apogée de 1975

Sous l’ère Liebermann (administrateur général du Théâtre National de l’Opéra de Paris dans les années 1970), il fut d’abord un Posa incomparable dans le Don Carlo de Verdi. La même année, il incarnait un Valentin de fière tradition française. Il a ensuite campé un Grand-Prêtre pour Samson et Dalila et il convient d’ajouter à ce panégyrique le rôle de Lescaut : quatre productions de 1975 qui pourraient, me semble-t-il, constituer l’acmé de la carrière pourtant riche et fournie de Robert Massard. Elles demeurent éternellement gravées en ma mémoire par leur richesse et leur accomplissement.

Une voix qui filait droit

Toujours de fière allure en scène, Robert Massard possédait une voix de baryton mordante et homogène, dotée d’une projection parfaite en salle et se distinguant par le soin extrême apporté à la diction. Sans jamais tirer la couverture à soi, Robert Massard forçait le respect de ses partenaires par sa solidité, son expressivité et son approche réaliste des personnages qu’il interprétait. Il s’imposait naturellement et sans prétention. Artiste légendaire qui devrait être un exemple pour tous les jeunes chanteurs, Robert Massard laisse un grand vide.

Étrange ironie du destin, le ténor Gustave Botiaux, devenu après la disparition de Robert Massard le doyen des chanteurs français, est lui-même décédé ce 28 décembre dans sa 100ème année, juste après son camarade de scène.

À Lire également : l'article Ôlyrix

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