AccueilA la UneBien débuter 2026 ? Vichy a la recette magique !

Bien débuter 2026 ? Vichy a la recette magique !

CONCERT – Après des valses, l’an dernier, l’Opéra de Vichy lance la nouvelle année avec un concert nourri par la féerie slave de Tchaïkovski, l’enchanteur Apprenti Sorcier de Dukas, et toute la Force de la musique de Star Wars. Effet ensorcelant garanti.

D’abord, un zeste d’originalité. Là est le premier ingrédient auquel fait appel l’Opéra de Vichy afin de concocter La formule magique pour bien lancer 2026. De l’originalité ? Il en faut, assurément, pour programmer un concert de Nouvel An convoquant tout à la fois un maître du romantisme, un ami des sorciers, un compositeur d’opéra italien qui ne s’appelle ni Verdi, ni Puccini (cela se peut-il ?), et puis un roi indétrônable de la musique de film. En voilà une drôle de compagnie ! Et voilà qui a de quoi intriguer un large public : la vaste salle dorée affiche complet pour ce premier concert de l’année 2026, transformé en authentique événement local.

Ensuite, ajoutez-y une quantité généreuse d’expérience. Il n’en faut pas moins pour interpréter un programme si dense, et ça tombe bien : l’Orchestre Symphonique Rhône-Alpes Auvergne (à ne pas confondre avec l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes) a tout ce qu’il faut dans ses rangs. Des cordes à foison, une garnison de cuivres, des bois en voulez-vous-en-voilà, et des percussions au taquet : ils répondent présents, les virtuoses, sous la baguette du maestro Laurent Pillot, un charismatique chef qui a notamment travaillé avec Placido Domingo à l’Opéra de Los Angeles, ce qui en jette un peu.

Orchestre Symphonique Rhône-Alpes Auvergne – Opéra de Vichy © Pierre Géraudie
Il suffira d’un cygne

Reste à parsemer le tout d’une bonne dose de talent. Et il y en a dans les rangs de cette formation rhônalpine, à l’heure par exemple de plonger l’audience dans l’atmosphère féérique du Lac des Cygnes et du Casse-Noisette de Tchaïkovski, dont sont ici joués de larges extraits des Suites pour orchestre. Faut-il un hautbois aux exquises sonorités ? Des violons aux coups d’archets ardents et aux pizzicati d’une précision diabolique ? Des cors et des trombones aux notes percutantes ? Alors tout est là, sur une scène où se dessinent les rives d’un lac où vont danser les mirlitons, par la grâce de flûtes traversières semblant chanter comme des oiseaux de bon augure. Bien vite, l’on se prend alors à imaginer quelque étoile d’opéra multipliant arabesques et autres entrechats, juste là, façon Noureev des grands soirs. 

Orchestre Symphonique Rhône-Alpes Auvergne – Opéra de Vichy © Pierre Géraudie

Mais le chef Pillot aime aussi ajouter une petite touche de pédagogie. Ainsi vient-il, à la manière d’un Jean-François Zygel, expliquer thème après thème la construction du fameux Apprenti Sorcier de Paul Dukas. Le tout devant des spectateurs, et notamment les plus jeunes, ravis de découvrir les dessous d’une œuvre classique ainsi disséquée. Les motifs du violon puis de la clarinette pour définir une ambiance mystérieuse, ce rythme qui s’accélère quand les soucis du sorcier aux grandes oreilles débutent. Ce basson qui vient jouer le balai dans un thème staccato connu de tous, ce tutti enflammé pour décrire le déluge d’eau : ainsi expliqué et détaillé, partie par partie, avant que l’œuvre ne soit jouée d’un seul tenant. Tout paraît soudain plus clair pour un public qui se souvient de Fantasia.

La beauté du zeste

Et puis, tant qu’à faire, autant ajouter un poil de fougue. Un ingrédient indispensable pour décrire l’inexorable marche de la Danse des Heures de Ponchielli, ici parfaite de précision rythmique jusque dans les interventions de la harpe et du triangle. Folie aussi, et de la Force bien sûr, à l’instant de plonger cette fois dans la musique de film, et pas n’importe laquelle : celle de Star Wars, s’il vous plaît ! Et qui dit musique de film dit bien sûr John Williams, qui n’aurait pas renié une telle interprétation de l’une de ses masterpieces. Cuivres et cordes et percussions portées par un même feu, trompettes et timbales rutilantes, flûtes et hautbois aux motifs énigmatiques, puis un cor solo venant apporter un peu de répit dans cette folle effervescence. Ne manquent plus que Dark Vador et une armée de Stormtroopers, et le public aurait de quoi s’imaginer sur une autre galaxie.

Mais il est bien sur terre. Et c’est à son tour, après deux heures de spectacle, d’apporter un dernier zeste (ou plutôt un geste) à cette formule d’un début d‘année réussi : de longs applaudissements, en l’occurrence, qui viennent honorer un chef, des musiciens et un répertoire qui auront su faire mouche auprès des petits comme des plus grands.

Orchestre Symphonique Rhône-Alpes Auvergne – Opéra de Vichy © Pierre Géraudie
À Lire également : À Vichy, un orchestre dans le vent !

Photo de Une : © Pierre Géraudie

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