AccueilA la UneÀ Toulon, Berlioz à l’entraînement pour la Saint-Valentin

À Toulon, Berlioz à l’entraînement pour la Saint-Valentin

CONCERT LYRIQUE – Qu’on se le dise : la Saint-Valentin, c’est déjà dans trois semaines, c’est donc le moment parfait pour s’entraîner. Au Palais Neptune dans la saison de l’Opéra de Toulon, ce soir, on a trouvé le programme idéal : Berlioz, du romantisme XXL, des tempêtes, des orages, et l’exacerbation des sentiments dans des envolées musicales enflammées !

Berlioz, notre coach en romantisme

Lumière chaude mettant en valeur l’élégance des musiciens et musiciennes de l’orchestre pour cette soirée de concert, cyclorama bleu comme le ciel de Toulon au-dessus du port cet après-midi : la soirée commence bien. Très bien même.

Dès l’Ouverture du Corsaire, le décor est planté : ambiance pirates, feu, larmes, vagues déchaînées. Sous la direction très physique et souple de Victorien Vanoosten, l’Orchestre de l’Opéra de Toulon déroule un son ample, lumineux, avec des cuivres et bois en grande forme, particulièrement mis en avant par ce programme.

C’était pas « bien », c’était très bien

On enchaîne avec des extraits de La Damnation de Faust. Marc Laho, remplaçant de dernière minute du ténor Pavol Breslik, annoncé souffrant, attaque « Le vieil hiver a fait place au printemps » : diction claire, projection solide, phrasé généreux. Air parfait pour lancer une soirée romantique.

La Marche hongroise déboule, tube absolu. La salle reconnaît, fredonne en rythme un sourire aux lèvres. Il ne manque pas grand-chose pour que le rendez-vous romantique se transforme en karaoké géant. Et moi quand j’entends ça, j’ai les images de Louis de Funès qui dirige l’orchestre dans La Grande Vadrouille. « C’était pas mauvais, c’était très mauvais ». Bon, sauf que là en l’occurrence c’était bon, très bon même !

Roses rouges et soie vocale

Entrée de Karine Deshayes, et dès les premières notes, on est scotché. Voix limpide, projection puissante, timbre soyeux, chaleur enveloppante. Dans « D’amour l’ardente flamme », (sublimement accompagnée par le solo du cor anglais), elle semble chanter directement à l’oreille de chacun. Oui, clairement, ça donne envie d’embrasser son amoureux. Ou d’en trouver un très vite.

Enivrez-vous sans cesse, de vin, de poésie… ou de Berlioz

La deuxième partie de soirée fait entendre des extraits de l’opéra Les Troyens, à commencer par la partie orchestrale « Chasse royale et orage ». Bon, soyons clairs : la chasse, ce n’est pas forcément le meilleur sujet de drague en 2026. Mais l’orage, alors là… potentiel romantique intact. On s’y voit déjà : se réfugier à deux, quelque part, pendant que le monde gronde.

Et puis arrive le duo « Nuit d’ivresse », climax de cette exaltante soirée. Didon et Énée coincés dans une grotte à cause de la tempête. Si tu as une déclaration enflammée à faire, c’est maintenant !

Karine Deshayes conclut avec le « Je vais mourir » de Didon, d’une intensité bouleversante. Si tu ne sais plus très bien si la vie est trop belle, trop cruelle, ou les deux à la fois, ce morceau est pour toi.

Just the two of us

Le public est tellement conquis que l’orchestre offre un bis de la Marche hongroise. Un couple à côté de moi se prend la main et bat la mesure, doigts entremêlés.
Pari gagné : le romantisme est toujours une bonne idée, et Karine Deshayes et Marc Laho sont des héros romantiques qui réussissent à nous faire trembler d’émotion.

Conclusion personnelle ? La prochaine fois, je reviens avec mon amoureux. Parce que pour s’entraîner à la Saint-Valentin, Berlioz à Toulon, c’était quand même une sacrée bonne idée.

À Lire également : Mille et une notes au Festival Berlioz

Photo de Une : © DR

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