DANSE – Entre modernité et provocation, Radioactive Practice par Abby Z and the New Utility plonge le spectateur du Théâtre Jean-Claude Carrière — Domaine d’O face au mystère d’un langage chorégraphique aux allures d’inédit, voire d’indicible.
Un nouveau langage
Plus besoin d’ouvrir un dictionnaire lorsque la pratique d’A à Z d’Abby Z (Abby Zbikowski) et sa compagnie vous ouvre les portes d’un nouveau langage chorégraphique. Radioactive Practice n’est autre qu’une exploration du corps qui déjoue les attentes et plonge dans l’inconnu, un travail de renouvellement de la matière chorégraphique qui surprend et ouvre de nouvelles voies. La traduction semble pourtant opérable ici parce que le langage du corps s’appuie sur son universalité.
Une grammaire qui surprend
Cette nouvelle langue se baserait sur une hyperphysicalité jusqu’au-boutiste et un vocabulaire synthétique, qui émane des danses urbaines africaines et américaines, le post-modernisme et les pratiques sportives telles que les arts martiaux, le basketball, le football… Les six danseurs, dans un dispositif quadri-frontal, s’offrent au public, telle une bataille avec la scène. Entre le couinement des chaussures et les courts intermèdes musicaux, les danseurs s’acclament, se motivent et se complimentent : « You got this! »

D’une tour de Babel à une autre
Avec les allées et venues des danseurs dans et hors de la scène, et les mouvements, parfois d’une simplicité enfantine, parfois d’une virtuosité grandiose, les interprètes luttent contre le langage de leurs propres corps. La violence issue de leurs mouvements choque et perturbe l’esprit qui ne saisit pas pleinement la modernité de ce langage. Mais, au fond, est-ce que ce ne serait pas cela, apprendre une nouvelle langue ? Se heurter à de nouvelles mœurs et doucement apprivoiser l’étranger.
Pour le savoir, il ne vous suffira que de pousser la porte du théâtre et assister à cette « Pratique Radioactive » !
À Lire également : Pulse à Montpellier Danse, ou comment résister au métro-boulot-dodo


