AccueilA la UneDe Bach à Piazzolla : escale musicale au château d’Autichamp

De Bach à Piazzolla : escale musicale au château d’Autichamp

COMPTE-RENDU – Après une première déambulation musicale dans les ruelles de Crest, le Festival Mozart dans la Drôme nous conduit quelques kilomètres plus loin, jusqu’au village perché d’Autichamp. Cette fois, pas d’escaliers à gravir : la balade sera imaginaire, mais toujours guidée par le violoncelliste Aurélien Pascal et le guitariste Raphaël Feuillâtre.

De Bach à Piazzolla, via l’Espagne

Malgré quelques nuages menaçants à l’horizon, le concert peut se tenir dans le jardin du château d’Autichamp. Le cadre est difficile à prendre en défaut : les champs s’étendent à perte de vue, la Roche Colombe se dessine au loin, le soleil décline derrière les collines et Vénus brille déjà dans le ciel, comme si elle aussi avait réservé sa place. Quelques milans venus survoler les lieux semblent également de la partie, au risque de voler la vedette aux organisateurs pendant la présentation du concert.

© Alice Bonhomme

Intitulé « De Bach à Piazzolla », le concert propose un véritable voyage musical. Grâce aux arrangements de Raphaël Feuillâtre, l’itinéraire débute avec Bach (le père, et non son fils Johann Christian malgré ce qu’annonce le programme) puis se poursuit avec Fauré, Mendelssohn, Sibelius et Schumann. Après une escale espagnole chez Granados et Manuel de Falla, le public traverse l’Atlantique avec Villa-Lobos, Gnattali et Piazzolla.

Deux musiciens et un pupitre rebelle

Une évidence s’impose rapidement : Aurélien Pascal et Raphaël Feuillâtre forment un duo particulièrement complice. Quelques regards suffisent à assurer des départs d’une précision remarquable et une interprétation constamment soudée.

Comme à Crest, Aurélien Pascal soigne chaque début et fin de phrase avec une élégance toute vocale. Son jeu souple et expressif, prolongé par une gestuelle et des expressions toujours habitées, donne aux œuvres une véritable dimension chantée. À ses côtés, Raphaël Feuillâtre accompagne avec finesse et concentration. Même lorsque son pupitre décide soudainement de céder sous le poids de sa tablette en pleine interprétation, le guitariste poursuit sa route sans sourciller, comme si l’incident figurait noir sur blanc dans la partition.

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« Tu reconnais ça ? »

Après le téléphone portable du concert de Crest, un nouveau protagoniste fait son apparition : le spectateur mélomane un peu trop enthousiaste. En plein Mendelssohn, celui-ci se met à fredonner presque à haute voix avant de demander à son épouse : « Tu reconnais ça ? » Oui. On reconnaît.

Piazzolla pour la route

Les nuages menaçants nous auront finalement épargnés. Les artistes, en revanche, n’échappent pas à un tonnerre d’applaudissements (celui-là parfaitement bienvenu) qui les rappelle à deux reprises sur scène. Ils offrent alors Chiquilín de Bachín d’Astor Piazzolla.

Un nouvel hommage à Bach ? Eh bien non ! Mais pourquoi ne pas y croire quelques instants encore pour clore en beauté ce voyage de Bach à Piazzolla… chez Mozart dans la Drôme.

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