COMPTE-RENDU – La 34ème édition du Festival des Forêts de Compiègne se penche sur d’autres compositeurs que Vivaldi ayant abordé les Quatre Saisons de l’année, en l’occurrence Fanny Mendelssohn et Piotr Ilitch Tchaïkovski.
Été
C’est la saison du Festival des Forêts, saison dont les flammes heureusement musicales sont bien moins tragiques que les autres… Saison où l’amour de la musique se vit, cet été encore en s’abritant au mieux de la canicule, dans la Cité impériale de Compiègne mais aussi en forêt lors de marches musicales : les présents concerts se sont ainsi déroulés sur la commune de Lacroix-Saint-Ouen dans la cour/jardin de l’Espace Balsan-Chanel, l’occasion de voir les anciennes écuries du Duc de Morny, frère de Napoléon III, mais aussi le Domaine de Royallieu où il accueille régulièrement sa jeune maîtresse, Coco Chanel, elle-même cavalière. Réhabilitées l’an dernier, la façade de ces anciennes écuries baptisées Espace Balsan-Chanel offrent une excellente acoustique.
Les Saisons de l’âme
Celles de Fanny Mendelssohn, Douze pièces pour piano intitulées Das Jahr (l’année) et suivies d’un court Postlude, témoignent en effet d’un voyage familial en Italie mais surtout, touchent à l’intime et décrivent de façon poétique et singulière les 12 mois de l’année. Plus ou moins développés, ces morceaux pleins de tendresse –mais aussi imprégnées d’une certaine inquiétude– ne se veulent pas descriptifs en soi. Elles suggèrent plutôt un climat intérieur précieux. Cette musique enchanteresse resplendit sous les doigts de la pianiste Marie Vermeulin qui en traduit avec virtuosité certes mais aussi beaucoup de chaleur toute la singularité et les couleurs. La poétesse et romancière Adeline Baldacchino a rédigé pour cette version un nouveau texte poétique précédant chaque pièce, en demeurant toutefois dans l’esprit original souhaité par Fanny Mendelssohn.

Ô tonne Yver
Composées 35 ans après celles de Fanny Mendelssohn, slaves mais pas seulement hivernales, elles se présentent dans une superbe transcription pour violoncelle et piano créée en 2023 par Alexandre Gasparov avec son ami et complice Xavier Philipps. Chaque morceau se trouve également précédé d’un texte poétique relatif à chaque mois de l’année tiré notamment des œuvres de Pouchkine ou Maïkov. Lors du concert, Alexandre Gasparov a lu ces textes en langue russe, son pays d’origine, et Xavier Philipps en français. Fruit d’une commande destinée aux lecteurs du magazine musical russe Le Nouvelliste, ces Saisons affichent une relative simplicité de langage et en premier lieu une expressivité touchante, d’une barcarolle à une valse. L’osmose interprétative des deux interprètes atteint des sommets et captive de bout en bout l’auditoire enthousiaste. Le Nocturne op.19 et La Vaste Sentimentale furent donnés en bis au plus grand bonheur des auditeurs.
En ce soir d’été, la chaleur se trouvait tout aussi présente au cœur. En hommage à Alexandre Gasparov, Xavier Philipps a interprété avec ferveur une composition de celui-ci, Impressions d’Yver, pièce composée pour le Festival des Forêts ces dernières années à l’occasion d’une exposition du peintre et plasticien, Etienne Yver.
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