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Top Hat : une comédie musicale qui claque

COMÉDIE MUSICALE — Top Hat est l’occasion de s’offrir une parenthèse dorée au paradis de la comédie musicale : décors Art Déco somptueux, claquettes endiablées et interprètes au sommet de leur art. Un plaisir chic, immédiat et franchement difficile à bouder. À découvrir jusqu’au 3 mai au Théâtre du Châtelet !

Après George Gershwin, Jerome Kern, Cole Porter et Richard Rodgers, il était plus que temps qu’Irving Berlin fasse son entrée au répertoire du Théâtre du Châtelet. L’oubli est enfin réparé avec un spectacle flamboyant qui claque(tte). Dernier des « Big Five » à manquer à l’appel, Berlin est aujourd’hui célébré à travers Top Hat, son spectacle le plus clinquant : un concentré de claquettes, de quiproquos millimétrés, de dialogues qui fusent et une belle histoire d’amour comme Hollywood savait les calibrer. Moteurs… action !

Irving le Magnifique

À l’origine, Le Danseur du dessus, classique de l’âge d’or hollywoodien, porté par le duo mythique Fred Astaire et Ginger Rogers. Un film où tout est kitsch, sauf les numéros de danse, d’une élégance et d’une technicité indiscutables. La version, produite par le Chichester Festival Theatre et créée en 2011, n’a pas pris une ride. Mise en scène et chorégraphiée par Kathleen Marshall, elle déploie les décors Art déco de Peter McKintosh qui nous font voyager de Londres à Venise et les sublimes costumes conçus par Yvonne Milnes (robes à plumes, robes pailletées et hauts-de-forme). Tout est réglé au millimètre : les claquettes, les numéros d’ensemble, les chansons jusqu’au tempo des répliques.

Top Hat au Théâtre du Châtelet © Andrew Perry
Romance avec gondoles

Le pitch tient sur une semelle de claquette : un danseur insomniaque, Jerry Travers, fait quelques claquettes nocturnes pour épater son ami producteur Horace et réveille sa voisine, la mannequin Dale Tremont. En pétard, elle monte se plaindre … et redescend le cœur en vrac. Évidemment, une bonne comédie nécessite un bon vieux quiproquo : elle confond ce voisin tapageur avec Horace, le nouveau mari de sa meilleure amie. Résultat : malentendus qui s’enchaînent, identités floues et exil romantique à Venise. Qui aurait parié qu’un banal tapage nocturne puisse accoucher d’une telle histoire d’amour ? On pense forcément aux pièces de Feydeau. Sauf qu’ici, au lieu de se disputer, on danse avec strass et paillettes à Venise !

Top Hat au Théâtre du Châtelet © Andrew Perry
Top casting

Dès le lever de rideau, la magie de la comédie musicale est tenue : un premier numéro pétillant réunit quatorze danseurs dont les claquettes font trembler la scène. La suite s’enchaîne sans temps mort, entre numéros dansés et chantés qui n’en finissent pas d’épater. On aurait presque envie de les rejoindre sur scène et de faire, nous aussi, ces petits *clac clac clac* entêtants.

Top Hat au Théâtre du Châtelet © Andrew Perry

Le couple vedette a été choisi, avec bonheur, pour rendre hommage aux origines afro-américaines du jazz. Philipp Attmore impose sa présence magnétique avec décontraction et humour. Face à lui, Nicole-Lily Baisden, magistrale, dotée d’une voix à couper le souffle, lui tient tête avec un charisme évident et un aplomb sans faille. Le premier acte joue la carte de la comédie romantique à l’eau de rose, un brin trop sage. Mais la seconde lâche enfin les dialogues qui fusent et les chansons iconiques. C’est là que le couple Hardwick se distingue particulièrement : Stuart Hickey campe Horace, un Anglais légèrement coincé, qui révèle au passage des talents vocaux bien cachés. En face, la truculente Emma Williams, son épouse, s’amuse à composer une Américaine croqueuse de maris riches, hilarante et parfaitement consciente de son effet comique : chacune de ses apparitions fait mouche. C’est un casting qui claque, on veut les mêmes !

Top Hat au Théâtre du Châtelet © Andrew Perry

Et puis il y a ce moment avec cette chanson que l’on attendait tous : Cheek to Cheek. Là, soudain, on arrête de rire. Le rythme ralentit, la magie opère et, pour quelques minutes, on est au paradis. Bref, avec cette nouvelle comédie musicale au répertoire, le Châtelet a tapé dans le mille. Top-là !

Top Hat au Théâtre du Châtelet © Andrew Perry
À Lire également : La saison 26-27 au Châtelet, c’est pas sorcier !

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