COMPTE-RENDU — La cité du Ponant a le vent en poupe : après avoir accueilli les Victoires de la Musique Classique, elle accueille l’Orchestre National de France pour une étape de son Grand Tour. Au programme : le Concerto pour violon en ré majeur de Ludwig van Beethoven et la Symphonie n°1 de Johannes Brahms, sous la baguette du chef Cristian Măcelaru, avec la participation du violoniste Frank Peter Zimmermann.
Donnez-moi un B…
Voici une variante du jeu du baccalauréat : inventez un programme de concert à partir de deux noms de compositeurs et un nom de ville française commençant par la même lettre… Voici quelques exemples, avec la lettre M : Mozart et Mendelssohn à Marseille. Avec la lettre R : Ravel et Rachmaninov à Rennes. Vous avez compris ? À vous de jouer maintenant. On commence avec une lettre facile : B. Ça laisse l’embarras du choix (vous êtes priés de masquer les réponses : Bach, Berlioz, Bizet, Bellini, Boulanger).
Vous avez trouvé ? Pardon… Vous dites ? Beethoven et Brahms à Brest ? Ah… Eh bien bravo. Je n’y aurais pas pensé.
Il faut dire que la métropole du Finistère (à défaut d’en être la capitale : ce rôle revient à Quimper) ne possède ni opéra ni salle philharmonique. Cela ne l’a pas empêchée d’accueillir la dernière édition en date des Victoires de la Musique Classique. À Brest, comme partout ailleurs, on aime la musique classique. C’est à la scène nationale Le Quartz, renommée pour sa programmation éclectique (théâtre, danse, variétés, mais aussi classique) que l’on vient assister à ce concert Beethoven Brahms, avec rien de moins que l’Orchestre National de France, venu pour la première fois.
Tonnerre de Brest !
C’est par cette interjection, selon la croyance populaire, que les Brestois réagissaient au son du canon qui leur annonçait l’évasion d’un prisonnier du bagne. Authentique ou non, cette anecdote semble trouver un écho dans le motif de quatre notes sinistres martelé tout au long du premier mouvement du Concerto pour violon de Beethoven. Le soliste Frank Peter Zimmermann y fait montre de toute sa virtuosité. Sous son archet souple, la partie du mouvement lent rappelle presque une voix de soprano sur une aria mozartienne. Il gratifiera le public d’un bis : un morceau de Jean-Sébastien Bach (encore un B).
Des grondements d’orage, on en rencontre également dans la Symphonie n°1 de Brahms où les percussions sont très mobilisées. Le chef Cristian Măcelaru insuffle à cette partition (qu’il dirige sans partition, d’ailleurs) tout le lyrisme tempétueux du jeune Brahms. Le public brestois ne s’y trompe pas et répond par un tonnerre… d’applaudissements.
Et pour faire taire les mauvaises langues : il ne pleut pas ce soir-là. Le ciel et la mer sont calmes, comme pour souhaiter bon voyage à l’Orchestre National de France qui doit poursuivre sa tournée à Vannes et Caen avant de regagner Paris.
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Photo de Une : CC BY-SA 4.0 Kergourlay

