AccueilA la UnePlaisants fâcheux au Studio 104 de la Maison de la Radio

Plaisants fâcheux au Studio 104 de la Maison de la Radio

CONCERT – Mercredi 26 octobre à 20h se déroulait à la Maison de la Radio une mascarade amusante donnée par les comédiens de la Compagnie Les Malins Plaisirs dirigée par Vincent Tavernier. Une comédie-ballet de Molière mis en musique par Pierre Beauchamps, fâcheusement drôle et dirigée par le chef Bertrand Cuiller.

Dès les premiers mots prononcés par le présentateur Clément Rochefort, le public est dans la confession :  Les Fâcheux ne sera diffusée que le 13 décembre prochain dans l’émission “Le Concert de 20h”, alors, pour ne rien dévoiler, il faut que la pièce reste un secret tacite entre les artistes et leur audience. On se croit à ce moment déjà dans une pièce de théâtre de Poquelin, fêtant la quatre centième année de sa naissance. 

Le bestiaire humain de Poquelin

L’histoire est simple, une floppée de personnages tous plus assommants les uns que les autres viennent (tenter) d’empêcher le jeune Eraste de se retrouver seul aux côtés d’Orphise sa promise ! Du vieux chasseur alcoolisé, en passant par le tuteur mal intentionné, un incapable valet et de vilaines commères, le pauvre Eraste va devoir tout au long de la pièce supporter chaque tirade infinie de ces fâcheux personnages. 

Premiers violons ©Morgane VIE
Pirouettes et broderies

Dans une ambiance presque symbiotique, chaque émotion incarnée par l’acteur se répercute tantôt sur les instrumentistes, tantôt sur le public. L’Ensemble baroque du Caravansérail, mené par Bertrand Cuiller, respire totalement la musique de Beauchamps, tout particulièrement le premier violon, sautillant, se mettant sur la pointe des pieds comme s’il dansait la gigue. 

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Le chef, lui, dirige avec légèreté, laissant pleinement aux musiciens la possibilité de s’exprimer dans cette ribambelle de danses, jouées exclusivement après chaque discours. Pas une fausse note, dans la justesse, dans l’intensité voire dans l’interprétation n’est décelée ce soir-là par le public du Studio 104, tant que (quasiment) chaque spectateur finit par esquisser un rythme du bout de leur doigt.

Bertrand Cuiller ©Morgane VIE 

Olivier Berhault incarnant un Eraste désespéré mais énergique déclame ses lignes haut et fort comme pour implorer sa promise à lui revenir. Marie Loisel en Orphise désinvolte séduit tout autant son Eraste que le public parisien dans ses courtes mais intenses lignes, indignée puis hilare, au grand dam de son amant. Sans costumes ni mise en espace, tout le casting demeure d’une homogénéité tout à fait appréciable, tous dans leur personnages respectifs se métamorphosent presque totalement pour le plus grand plaisir des spectateurs, même dans les tirades les plus longues (et donc les plus fâcheuses).

Fâchés de ne pas avoir été mis au secret de cette joyeuse soirée ? Cochez le 13 décembre dans votre agenda pour découvrir Les Fâcheux dans Le concert du soir sur France Musique.

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1 COMMENTAIRE

  1. Bertrand Cuiller n’est pas un frimeur qui se met en avant, mais c’est un extraordinaire musicien: son enregistrement des pièces de Rameau pour clavecin est définitif: Virtuose avec naturel, tragique avec dignité ou intelligemment amusant. Et le discret Bertrand a publié sur Facebook pendant les confinements d’hilarants sketches de son cru où il incarne un auteur-compositeur débile et vaniteux qui bêle « Je t’aimeueu » sur des basses de chaconne. I love Bertrand.

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