AccueilA la UneMais qu'est-ce qu'elle a donc ma p'tite chanson ?

Mais qu’est-ce qu’elle a donc ma p’tite chanson ?

FESTIVAL – C’est à Leonardo García Alarcón, désormais parrain du festival de Sablé-sur-Sarthe que revient la charge de clôturer brillamment cette 45ème édition avec son ensemble Cappella Mediterranea dans un programme bien rôdé intitulé Amore Siciliano

Petite Tosca sous le soleil de Calabre 

C’est au cours d’une conférence ayant eu lieu le matin même que Leonardo Garcia Alarcón expliqua la genèse de son spectacle. Lors d’ un après–concert à Montpellier, la soprano Francesca Aspromonte avait interprété une chanson traditionnelle calabraise, La canzone di Cecilia provoquant une grande émotion à l’assemblée et devenant l’élément déclencheur d’un nouveau projet pour le chef argentin.

C’erano tre sorelle
Cecilia la più bella
si mise a fare l’amore…. 

Partant de partitions éditées en Sicile et à Naples dont certaines furent retrouvées dans les archives de la cathédrale de la Valette à Malte, il écrivit alors une sorte d’opéra imaginaire intitulé Amore Siciliano, sur le thème de l’amour sacrificiel avec pour fil conducteur la fameuse chanson. En 17 couplets, celle-ci narre les souffrances d’une jeune fille prénommée Cecilia dont l’amoureux Peppino est emprisonné. Celle-ci se voit proposer sa libération par un capitaine dépravé contre son corps. Son sacrifice sera vain puisqu’elle verra son amant fusillé sous ses yeux et comme seule issu après cette trahison, se donner la mort… pas de #balancetonporc pour dénoncer son bourreau ! 

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Du recyclage à l’upcycling  

Emprunter, arranger, transformer les œuvres des autres (sans risque de se faire épingler par la Sacem) était une pratique courante chez les compositeurs de l’époque baroque.

 

Leonardo Garcia Alarcón ©François de Maleissye

Tel un alchimiste, Leonardo Garcia Alarcón mélange les genres entre musique érudite et populaire pour construire son drame amoureux autour de la Canzone di Cecilia, lui servant de fil d’Ariane. Aidé par son ami guitariste-théorbiste Quito Gato pour les arrangements, il associe des pièces existantes de divers auteurs, alternant des madrigaux et cantates signés de Sigismondo d’India, Alessandro Scarlatti, des airs inédits de Cataldo Amodei avec des chansons populaires, des tarentelles et des lamentations de compositeurs inconnus. Le raffinement se marie aux accents populaires. Des pièces qui révèlent également la culture, les sentiments des personnages, tantôt drôles comme la chanson napolitaine Cantigitulu, ch’é mortu u ciucciu miu où l’ignoble Don Lidio pleure la mort de son âne, tantôt d’une intense émotion comme le lamento de Sigismondo d’India Piangono al pianger mio où Donna Isabella pleure le destin funèbre du couple amoureux. 

La réécriture s’enrichit même d’une fugue à 5 voix, écrite par Leonardo Garcia Alarcón lui-même dont le sujet est le timbre de la chanson. Quel luxe pour le recyclage de cette chansonnette ! 

La Capella mediterranea © Festival de Sablé
Cappella mediterranea e magnifica 

Dirigeant ses troupes de son orgue, le chef  argentin s’entoure d’excellents interprètes. 

La Cecilia incarnée par Ana Vieira Leite est authentique, bouleversante  servie par une voix timbrée et particulièrement nuancée dans le registre doux. Mariana Flores en épouse méprisée et impuissante envoûte de  son timbre puissant et chaleureux, Valerio Contaldo, le tortionnaire de Cécilia, affirme une voix étoffée de ténor utilisant sa voix de fausset dans le registre plus populaire, Léo Fernique, son comparse,  se révèle  en  puissant contre-ténor aux aigus éclatants. Enfin, Matteo Bellotto, de sa voix de basse solide aux graves solennels incarne le résigné Peppino.   

Cinq chanteurs talentueux et complices sachant rendre le caractère propre de chacune des pièces tout en maintenant l’unité scénique autour de la chanson mais  formant aussi un remarquable quintette vocal équilibré et d’une admirable musicalité dans les madrigaux. 

Quant aux instrumentistes à l’énergie débordante teintée de nuances poétiques, chacun d’eux offre le meilleur de son talent pour la réussite de ce spectacle. 

Après les applaudissements fournis d’une salle enthousiaste, le chef, persuadé que « nous garderons cette chanson dans notre tête pendant au moins deux mois » propose de l’écouter dans son intégralité et sans interruption, magnifiquement interprétée par Ana Vieira Leite et Mariana Flores. 

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