AccueilA la UneOrient - Occident : deux rives, côte à côte

Orient – Occident : deux rives, côte à côte

CONCERT – Donné dans le cadre des festivals du Parc Floral, le programme concocté par Jordi Savall promet de transporter son public sur les rivages de la Méditerranée, par un esprit conceptuel contrarié. 

Fin de soirée du 30 août au Parc Floral : tout le public est debout, une marée chevelue applaudit à tout rompre les six musiciens sur scène. Le concert « Orient-Occident » peut aisément être qualifié de triomphe. Pourtant, et malgré l’indiscutable beauté du spectacle, quelque chose dérange. 

Mare Nostrum

Ce quelque chose, c’est ce qui fait venir au concert et conditionne l’esprit avant même qu’il n’ait commencé : le titre « Orient-Occident « . Prometteur, il engage au voyage, éveille un certain imaginaire. Le trait d’union, comme le programme, promet un pont entre deux cultures qui se vivent différentes, mais aux racines profondément communes. Tout esprit un peu trop conceptuel s’active à cette lecture : il espère du neuf, un renversement des clichés et des préconceptions « orientalistes », il veut être troublé et ne pas parvenir à discerner ce qui, dans les morceaux joués, relève de « l’Orient » et de « l’Occident ».

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 Cet esprit-là doit être mis en veilleuse si l’on souhaite profiter du concert. Il y a bien l’Orient d’un côté et l’Occident de l’autre : les identités musicales des rives de la méditerranée sont instantanément reconnaissables. Le premier ondoie et lance, le second file droit et sec, jusque dans les gestes des musiciens. Le « dialogue des âmes » promis demeure juxtaposé, côte à côte. Seul trait d’union dans ce voyage : les instruments – oud, ney, kanun, santur, chitarra moresca, percussions et viole – qui se fondent au fur et à mesure des pièces dans les espaces géographiques qu’ils parcourent. 

En eaux profondes

Si le cerveau joue les rabat-joie, les oreilles et le cœur frétillent. Sans conteste, c’est beau, c’est bien fait, et ça parle aux tréfonds. Quelque chose dans les racines spirituelles des pièces jouées, dans les rythmes lancinants, dans le chant de Waed Bouhassoun, dans la circularité et la répétition des motifs musicaux, entête et arrache au quotidien. Point d’orgue du concert : le lamento di Tristano, musique du XIIIème siècle italien, jouée par Jordi Savall. Le morceau est surprenant de densité : Jordi Savall et sa viole semblent seuls sur scènes. Le temps et l’espace sont concentrés autour d’eux, et du frêle instrument sort un air qui envahit chaque recoin de l’arène. Une gravité particulière est palpable dans cette mélodie de sept-cents ans et les accents qui s’échappent de la viole. 

La fin du concert est un retour à la réalité. On s’y dit que le voyage aurait été presque complet, si ce n’avait été les grandes bâches « All you need is FIP » au franglais douloureux, tendues à l’arrière de la scène.  

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