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Dernier appel à Gstaad : embarquement immédiat !

CONCERT – Encore Gstaad ? Et oui, encore Gstaad. Car à l’heure d’aborder une nouvelle année, c’est bien là que se retrouve le gratin de la musique classique. La preuve en une nouvelle douce soirée qui réunit un trio invitant à voyager jusqu’en Amazonie et en Argentine. En business class, évidemment.   

Comme si ça ne suffisait pas comme ça ! Les glaciers ne sont-ils pas suffisamment en souffrance ? Le réchauffement de la planète n’est pas-il pas déjà trop rapide ? Il faut en plus que les tropiques s’invitent au cœur de la Suisse ! Une hérésie ? Un bonheur, surtout. Car l’idée émane d’un violoniste de prestige et de talent, Michael Guttman, et elle ne vise qu’à ravir un public qui n’en a jamais trop en matière de bonheurs musicaux, ici, en ce Gstaad New Year Festival qui est une authentique piste aux étoiles. 

Amazing Amazone
© Patricia Dietzi

Et c’est bien sur cette piste donc, que les passagers d’un soir sont invités à se placer, pour s’envoler vers de lointaines destinations, avec pour chefs de bord un violoniste de renom, mais aussi une violoncelliste au sourire radieux, Jing Zhao, et un pianiste qui n’a pas laissé son talent en soute, José Gallardo. Mais au fait, vers où vole-t-on, alors ? Vers l’Amérique, messieurs dames. Une Amérique méconnue d’abord, puisque celle du compositeur contemporain Antonio Santana, dont est ici proposé le Trio Brésilien, Michael Guttman himself annonçant au public « que c’est la première fois sans doute qu’il peut entendre cette pièce ». Et pour cause : celle-ci a été créé voici un an, et aucune trace n’en existe, ni au CD ni sur internet. Et quel regret ! Car c’est un authentique chant d’amour à un pays tout entier, un hymne patriotique décliné en trois parties, de « Mystérieuses exubérances d’Amazonie » aux « Murmures de la forêt » en passant par des « Confidences au clair de lune ». Alors en vient-on à marcher dans les bois, à survoler la sauvage canopée, à côtoyer des populations aborigènes luttant pour leur survie, le tout par la grâce d’une partition délicieuse à la romantique inspiration, dont chaque instrumentiste s’empare avec un élan passionné. 

En guides de luxe, prenant l’auditoire par la main (et surtout par les sentiments), voici ainsi un Michael Guttman aux larges mouvements de buste, le corps faisant presque totale rotation sur la chaise, et les coups d’archets visant juste en matière de sonorité et d’expressivité. Voici aussi José Gallardo, un pianiste au nom de footballeur qui pourrait gagner le Ballon d’Or de la technique, de la capacité à varier les courses rythmiques, et de l’endurance (il finit en sueur). Et puis cette violoncelliste, Jing Zhao, au jeu parfaitement virtuose, faisant ici bondir l’archet, quand il ne fusionne pas avec la touche pour mieux faire parler l’instrument, comme dans un deuxième mouvement aux traits si élégiaques qu’ils en feraient s’embuer les yeux d’un public complètement envoûté.   

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Le bon air d’Argentine
© Patricia Dietzi

Alors, pour se remettre de ces émotions, quoi de mieux qu’un petit rendez-vous en terrain connu avec Mendelssohn et son entraînant Trio n°1 porté par toute l’excellence et la noblesse de jeu requise, avant de repartir pour d’autres Tierras americanas, direction l’Argentine. Et plus précisément Buenos Aires, celui d’Astor Piazzola vivant au rythme du tango, dont sont ici proposées deux des Estaciones porteñas, les Quatre saisons du roi du Bandonéon. Il y a l’Invierno évidemment, avec ses élans profondément lyriques et patriotiques, violon enflammé et violoncelle virevoltant, quand le piano tranchant ne vient pas dicter un autre rythme, une autre ambiance ; et puis le Verano, qui pousse d’emblée le public pavlovien à taper du pied pour accompagner les coups d’archets toujours plus enthousiastes et appuyés de Michael Guttman, ceux non moins larges et engagés de Jing Zhao, et pour accompagner le rythme aussi soutenu que dansant dicté par José Gallardo.   

Un total dépaysement donc, et puisque l’idée est bien celle d’un concert sans frontières qui soit aussi festif (après tout il faut fêter le Nouvel An !), alors tout le monde est finalement emmené à Vienne, au prix d’une Marche miniature de Fritz Kreisler qui est un ultime enchantement dans un concert définitivement de haut-vol !       

Demandez le programme ! 

  • A.Santana – Trio Brésilien : 1 . Mystérieuse exubérance d’Amazonie ; 2. Confidence au Clair de Lune. ; 3. Murmures de la forêt
  • F. Mendelssohn Trio n.1 op.49 en ré mineur : 1. Molto allegro agitato. 2. Andante con moto tranquillo. 3. Scherzo leggero e vivace. 4. Finale, allegro assai appassionnato.
  • A. Piazzola Estaçiones Porteñas : Invierno, Verano.
  • F. Kreisler – Marche miniature viennoise 
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