Sacrée promenade chez les Arts Flo

CONCERT – Après Purcell l’an dernier, Paul Agnew -directeur artistique de la manifestation-, a choisi Claudio Monteverdi et sa musique religieuse pour l’édition 2024 du Festival de Printemps Les Arts Florissants.

Hors du jardin, Monteverdi aussi

Sous un soleil radieux, la première promenade programmée par le Festival de Printemps les Arts Florissants a convié le public jusqu’à l’intérieur de la splendide Cathédrale de Luçon. C’est entre deux représentations de Médée de Marc-Antoine Charpentier représentée à l’Opéra Garnier que William Christie -accompagné de plusieurs solistes de cette production comme Ana Vieira Leite, Julie Roset (toutes deux lauréates de l’Académie du Jardin des Voix) et Bastien Rimondi-, est venu diriger depuis l’orgue ce concert dans sa Vendée bien aimée. Pour ce programme, William Christie et Paul Agnew ont choisi de présenter un échantillon représentatif de la  Selva morale e spirituale, recueil publié en 1640. Quarante pièces (d’une durée plus ou moins importante), quand-même… Entre madrigaux spirituels, psaumes, motets, hymnes ou fragments de messe, cette forêt musicale (selva = forêt en italien) surprend pas sa diversité et la curiosité insatiable du compositeur, alors Maître de Chapelle de la Basilique Saint-Marc de Venise. 

© Julien Gazeau
Monteverdi, les Arts fleurissent
© Julien Gazeau

Les Arts Florissants sont à saluer en tout premier lieu. Constitué d’artistes habitués à collaborer très régulièrement avec William Christie, l’ensemble trouve pour chaque page interprétée le ton le plus juste en déployant une intensité expressive qui alimente les chanteurs solistes. En plus des morceaux vocaux, l’Ensemble ponctue le concert de deux pièces strictement instrumentales, qui lui permet de démonter son heureux savoir-faire en ce répertoire baroque italien. Les différentes pièces vocales de Monterverdi présentée ici abordent tant des pages intimistes (E questa vita un lampo) que concertantes (O ciechi il tanto affaticar) ou en forme de canzonetta (Chi vol che m’innamori). Les chanteurs interviennent tous ensemble, en duo ou en solo. 

  • La voix aérienne aux aigus radieux de Julie Roset et celle plus charnue et centrale d’Ana Vieira Leite se rejoignent pour une interprétation toute en délicatesse d’Iste confessor, tandis que la dernière dévoile toute sa sensibilité douloureuse dans le Pianto della Madonna, inspiré du fameux Lamento d’Ariane, seul morceau rescapé de l’opéra perdu de Monterverdi. 
  • Les deux ténors rivalisent de présence et d’intégrité dans le Salve Regina, la voix radieuse de James Way se mêlant aux couleurs automnales de la voix de Bastien Rimondi. 
  • Mélodie Ruvio, fidèle des Arts Florissant, fait résonner pour sa part ses moyens épanouis aux couleurs sombres de contralto à plusieurs reprises, tandis que Cyril Costanzo se charge des parties de basse de toute sa solidité habituelle. 
À lire également : La tournée des jeunes pousses de William Christie

Le Beatus secundo/Psaume 112 vient conclure majestueusement un concert vivement salué par un public passionné et d’un écoute particulièrement attentive tout au long de la soirée.

Demandez le programme !

  • C. Monteverdi – Selva morale e spirituale
  • D. Castello – Sonata decima
  • G.B. Fontana – Sonata settima
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