AccueilA la UneL’Orchestre National de France à Toulouse : concert crescendo !

L’Orchestre National de France à Toulouse : concert crescendo !

COMPTE-RENDU – Les Grands Interprètes invitent à la Halle aux Grains de Toulouse l’Orchestre National de France et son directeur musical Cristian Măcelaru. Ils sont accompagnés par Alexandre Kantorow pour le second Concerto pour piano de Chopin. À l’image du Boléro de Ravel donné en fin de programme, un crescendo d’intensité et d’émotions se révèle au fil du concert.

Mezzo-forte : le second Concerto de Chopin

Attiré par un programme populaire couronné d’interprètes de premier plan, un public de toutes générations remplit la Halle aux Grains à ras bord. Bouleversant quelque peu la tradition actuelle, les œuvres sont données ce soir par ordre décroissant de durée (comme c’était l’usage avant la seconde guerre mondiale). C’est donc le Concerto pour piano qui ouvre le concert avec Alexandre Kantorow qui était déjà venu une première fois cette saison dans un tout autre programme. L’agilité virtuose du pianiste développe la partition avec souplesse et fluidité. L’interprétation est teintée d’une palette de variations de volumes illuminant le jeu et conférant du relief à l’ensemble. Cela peut aller d’un subtil écart entre des notes successives à une éclatante résonance dans les graves la mesure suivante. Le deuxième mouvement est le plus réussi. Il envoute l’auditeur dès son amorce par l’orchestre. Le dialogue entre le soliste et le frémissement des cordes en son centre crée une tension captivant le public. La vigueur impétueuse des élans du soliste ne se répercute que partiellement sur l’orchestre pour le reste du temps. Ce dernier paraît ainsi parfois légèrement indolent face à la diligence de Kantorow. Emporté dans ses élans, le pianiste laisse pour sa part souvent échapper des souffles et des fredonnements qui limitent l’immersion dans la musique de Chopin. Rappelé avec ferveur par le public, il donne en bis un extrait des « Harmonies poétiques et religieuses III » de Franz Liszt et Danny Boy de Keith Jarrett pour une petite touche de jazz. 

Kantorow « Keith » aussi Danny Boy
Forte : La Mer de Debussy

L’Orchestre National de France retrouve ici le cœur de son répertoire. Il se démarque dès les premières mesures par la qualité et le raffinement des textures de cordes qui vont tisser la toile de fond sur les trois mouvements. La structure générale de l’œuvre paraît aussi limpide que la mer des Caraïbes. Chaque fluctuation et chaque nuance paraît naturellement à sa juste place. Seules certaines touches de bois et de harpes pourraient être plus accentuées sur le premier mouvement pour accroître l’effet de foisonnement. Le crescendo rayonnant du soleil à son zénith est efficacement préparé par l’intensification du motif de cordes graves qui le précède. Tels les clapotis, les percussions et les pizzicati se greffent poétiquement sur le thème principal du deuxième mouvement dont il faut aussi noter la chaleur des violoncelles et la cristallinité des motifs de harpes. L’explosion finale emporte avec elle le public dans son raz de marée musical. 

À Lire également - Cristian Măcelaru : « J’aime lancer des défis au public »
on la voit danser, en effet…
Fortissimo : le Boléro

Il s’agit du dernier concert des Grands Interprètes pour cette saison et quoi de mieux pour la clôturer en beauté que le Boléro de Ravel ? L’Orchestre National de France donne ici tout ce que l’on peut attendre d’un Boléro et même plus ! Le caractère hypnotique du célèbre motif principal s’ancre dans la tête de l’auditeur grâce à l’imparable régularité de sa répétition rythmique. Le crescendo progresse tout du long de façon quasiment imperceptible mais s’étend pourtant du pianissimo à peine audible de la caisse claire à la magistrale puissance finale appuyée par le déchainement des percussions. En plus de cela, les musiciens de l’orchestre font preuve d’une prenante expressivité, que soit dans les solos ou en sections. La chaleur mélancolique du solo de basson est particulièrement appréciée de même que la profondeur de celui de trombone se muant sur sa fin dans un appel languissant.

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C’est enfin au tour du public de récompenser les musiciens par un crescendo d’applaudissements et d’acclamations. Il obtiendra non pas un seul mais deux rappels de l’orchestre : une Bacchanale (Samson et Dalila) endiablée et la Pavane de Gabriel Fauré, peut-être en clin d’œil à l’origine locale du compositeur (dont 2024 commémore le centenaire).

de quoi se pavaner, en effet…
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