DANSE – Grand ballet romantique classique, Paquita se glisse avec aisance de la scène du Palais Garnier-où Pierre Lacotte l’avait ressuscité en 2001- à celle de l’Opéra Bastille avec sa floraison de danseurs étoiles au firmament de leur art.
Pierre Lacotte, danseur et chorégraphe disparu l’an dernier, a voué une bonne partie de sa vie et de sa carrière à faire revivre le ballet classique français du 19ème siècle dans toute sa vérité et son accomplissement. Bien entendu, il recherchait en premier lieu l’authenticité par de multiples recherches historiques et l’étude approfondie des partitions, mais toujours dans un esprit d’actualisation et surtout de vie, pour que l’ouvrage présenté ne relève pas d’un exercice strictement archéologique. Les sommets de son travail résident en premier lieu, après Coppélia, dans la recréation de la Sylphide avec son épouse l’aérienne Ghislaine Thesmar dans le rôle-titre et Mickaël Denard, puis dans celle de Paquita.
Esprit de corps…
Par son faste, Paquita permet de mobiliser une bonne partie du corps de ballet, dont les « petits rats » de l’Ecole de Danse pour la fameuse et rafraichissante Polonaise qui vient ponctuer le deuxième acte de l’ouvrage et annonce le Grand Pas qui vient couronner en majesté le ballet. Dans les rôles titres de Paquita et de son soupirant Lucien d’Hervilly, les étoiles de l’Opéra se succèdent sur scène jusqu’au 4 janvier prochain. Après Sae Eun Park et Paul Marque, le couple formé à la scène par Valentine Colasante et Guillaume Diop frappe les esprits par sa complicité et une technique accomplie.

…célestes !
Virevoltante et comme happée dans les airs, Valentine Colasante apparaît aussi à l’aise dans ses variations complexes comme les fouettés que dans les sauts et les portés. Dans la pantomime de la seconde partie du 1er acte-lorsque Inigo, chef des gitans qui a placé la jeune fille sous sa coupe tente d’attenter aux jours de Lucien-, elle se révèle fine comédienne et toute emplie d’amour.

À ses côtés, Guillaume Diop porté par sa médiatisation toute nouvelle, comble toutes les attentes. Il rayonne en scène avec ses variations complexes qui défient la gravité, son sens de l’équilibre et sa légèreté : Guillaume Diop ne semble jamais devoir toucher terre ! Le couple ainsi créé frise l’idéal dans ce grand répertoire classique par la virtuosité dont ils font preuve mais aussi par la caractérisation de leurs personnages qui prennent bien place dans le réel. Pablo Legasa impulse au rôle d’Inigo toute la traîtrise attendue, tant dans son interprétation scénique que dans sa danse puissante et de grande qualité.
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Le Pas de trois du 1er acte constitue pour sa part une authentique morceau de bravoure dont Inès McIntosh, Marine Ganio et Francesco Mura ne font qu’une bouchée. Tout le corps de ballet de l’Opéra est à saluer sans réserve par sa solidité et la complémentarité de ses danseurs.

