DANSE – Le New York City Ballet présente cette saison un programme « All Stravinsky », avec un medley de pièces phares de la compagnie. De quoi ravir les amateurs de musique russe, et peut-être moins ceux de danse américaine.
D’un mouvement à l’autre
Fidèle à ses habitudes, le New York City Ballet présente un programme composite, autour de la figure (musicale) de Stravinsky. On a donc quatre pièces « historiques », créées à New York entre les années 1950 et 1980, et deux chorégraphes qui ont faire l’histoire de ces danseurs et chorégraphies : Jerome Robbins et George Balanchine. On passe alors d’une pièce en tutu (Danses Concertantes) à des expérimentations neo-classiques (Stravinsky Violin Concerto) voire contemporaines (Cage) – les plus récentes n’étant pas forcément les plus modernes.
Les danseurs changent de tenues, le décor se drape d’installations ou de tableaux, les mouvements changent… mais s’il y a bien quelque chose qui semble immuable ici, c’est la musique de Stravinsky. Traversant chacune des chorégraphies, ou plutôt les accueillant, la musique de Stravinsky, jouée en direct par l’orchestre du New York City Ballet dirigé par Andrews Still, est la véritable star du spectacle.

Stravinsky stole the show !
Dans la plupart des spectacles de danse, on paie une attention bien discrète à la musique. Musique de fond ou omniprésente, on comprend bien vite qu’elle n’est là que pour mettre en valeur les danseurs et la chorégraphie, choisie et voulue par le chorégraphe. Robbins et Balanchine ont travaillé avec attention sur la musique de Stravinsky, pour donner plus de poids aux jeux de jambes des danseurs, mais pourtant aujourd’hui c’est d’un air plus distrait qu’on regarde la scène, alors qu’on tend l’oreille.
Alors que les chorégraphies commencent à dater un peu (création il y a quarante ans pour Concertino, pièce la plus récente du programme) et que les toiles manquent un peu de fraicheur, malgré l’enthousiasme sans âge des danseurs, c’est la musique qui paradoxalement ne vieillit pas. Le violon du concerto perce derrière les grands écarts, et l’on se laisse bercer par la douce musique du New York City Ballet.


