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Zarzuela : Florez en racines

DISQUE – Inaugurant son propre label, « Florez Records », le ténor Juan Diego Florez propose un album consacré à la zarzuela, sortant des tubes de ce répertoire et mettant en lumière les musiciens formés par l’association Sinfonia por el Peru – qu’il dirige. Sans être égocentré pour autant, cet enregistrement est une bien belle plongée dans un répertoire encore peu exploré hors des pays hispanophones.

Un programme de zarzuela, le Sinfonia por el Peru Youth Orchestra pour partenaire, un label à son nom et son portrait en couverture : pas de doute, c’est bien Juan Diego Florez qui publie un nouvel album, tout entier consacré à ses racines musicales.

Juan Diego narrador

Si la zarzuela a fait fortune en Espagne et en Amérique du Sud, ses œuvres sont bien rarement jouées en intégralité en-dehors des pays hispanophones. On en connaît quelques « tubes », qui ont fait la gloire des Carreras et Villazon en bis de récital comme au disque, mais dont l’auditeur maîtrise rarement l’intrigue. Juan Diego Florez relève donc le défi de faire surgir, en quelques minutes, un personnage ; de livrer un instantané d’une œuvre : et le moins que l’on puisse dire est que le ténor péruvien est un narrateur hors-pair. Car la zarzuela n’est pas seulement une question de langue espagnole (qu’il montre un plaisir évident à énoncer et à parer de couleurs) : c’est un regard sur le monde bien à elle, qui n’appartient à l’opéra d’aucune autre nationalité. Un monde où les peines d’amour sont des drames, et les simples cœurs brisés peuvent à chaque instant se muer en héros tragiques. C’est tout cela qu’exprime Juan Diego Florez, dans un programme intégralement tourné vers l’amour qui, heureux ou malheureux, ne va jamais sans la plainte – et un certain bonheur à souffrir ?

Juan Diego cantador

La zarzuela n’est pas du bel canto : elle est certes du beau chant, mais avec un truc en plus. Peut-être est-ce le mordant de la langue, ou bien les contrastes de sentiment au sein d’un même air, ou encore la percussivité de l’orchestre ? Toujours est-il que Juan Diego Florez, que l’on connaît pour sa science de l’opéra italien, se confronte ici à des pages plus lourdes vocalement, qu’il affronte jusqu’à ses limites – sans jamais les outrepasser. La voix est comme toujours superbe, rayonnante ou assombrie, se pliant aux inflexions dramatiques de la musique – à l’image du formidable « Mi locura… Paxarín, tú que vuelas » de Pablo Luna, ou encore du « lyriquissime » air de Torroba « De este apacible rincón de Madrid ». Le Sinfonia por el Peru Youth Orchestra, sous la direction de Guillermo Garcia Calvo, n’a certes pas tous les raffinements expressifs du soliste : mais il en est un partenaire exemplaire, qui respire cette musique par tous les pores, avec un son plein, profond, engagé dans l’expression. 

À lire également : Un château (de Versailles) en Espagne, par le Gran Teatro del Mundo

En somme, un album où la zarzuela semble couler dans les veines, et l’espagnol être la langue naturelle des histoires d’amour.

C’est pour qui ?

  • Pour les inconditionnels du ténor péruvien, qui auront droit à un grand moment de bonheur musical
  • Pour les inconditionnels de la zarzuela – les auditeurs ne répondant à aucune de ces deux catégories risquant de ne pas y trouver leur compte

Pourquoi on aime ?

  • Parce que c’est une leçon de beau chant et de force narrative
  • Parce que l’album met en lumière le formidable travail de Sinfonia por el Peru, qui donne accès à la musique à de nombreux enfants péruviens et révèle des vocations
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