AccueilA la UneAdèle Hugo : derrière le nom célèbre, une compositrice oubliée

Adèle Hugo : derrière le nom célèbre, une compositrice oubliée

DISQUE – Beaucoup connaissent la vie tragique d’Adèle Hugo (L’Histoire d’Adèle H. chez François Truffaut), deuxième fille du grand poète français, mais peu connaissent son œuvre musicale, jamais publiée de son vivant. À travers une vingtaine de mélodies (sur des poèmes de son père) et pièces instrumentales, ce disque Alpha Classics rend hommage à cette compositrice oubliée, au nom pourtant si connu.

Le mystère Adèle Hugo

« Toute la conduite d’Adèle est une énigme » écrivait Victor Hugo en 1863, année au cours de laquelle Adèle poursuit au Canada le lieutenant Albert Pinson, dont elle prétend être la fiancée. La conduite obsessionnelle d’Adèle lui vaudra d’être internée en hôpital psychiatrique où elle passera le restant de ses jours jusqu’à sa mort en 1915, à l’âge de 84 ans. Elle laisse le souvenir d’une âme passionnée, d’un destin brisé. C’est oublier qu’elle fut également une pianiste virtuose qui, pour peu qu’on l’eût laissé exprimer son talent, aurait pu être une compositrice reconnue, tant son style apparaît inspiré, profondément empreint de mélancolie. Si elle a essentiellement écrit pour le piano, son écriture laisse entrevoir des phrasés de bois ou de cordes : toute une dimension sonore restituée par le compositeur Richard Dubugnon qui a repris les manuscrits, pour l’orchestration de cet enregistrement.

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Wherever Hugo : père et fille réunis

Aux accents de l’Orchestre Victor Hugo, dirigé par Jean-François Verdier, ce sont autant de scènes d’une vie oubliée qui se révèlent. Pièces tantôt funèbres, tantôt enjouées comme l’élégante valse sur la Chanson de Jean Prouvaire, où se décèle malgré tout une once de nostalgie. Il est difficile de ne pas imaginer les Hugo, père et fille, en exil à Guernesey, où la majeure partie des partitions ont été retrouvées. Un casting vocal de choix est réuni pour leur redonner vie. Karine Deshayes, Sandrine Piau et Isabelle Druet font valoir leur maîtrise du répertoire mélodique français. Axelle Fanyo émeut par son timbre nuancé. Sur les trois chansons de Gavroche, Anaïs Constans déploie une voix fraîche et lumineuse. Laurent Naouri, enfin, entonne avec morgue l’ample et solennel Hymne des transportés, accompagné du Chœur de l’Opéra de Dijon.

C’est pour qui ? 

  • Pour les romantiques inconditionnels et amateurs de mélodie française.
  • Pour les curieux, avides de pépites et de trésors oubliés, désireux de réhabiliter des compositeurs, et surtout des compositrices délaissées.
  • Pour les amoureux de la poésie de Victor Hugo, magnifiquement mise en valeur par la diction soignée des interprètes.

Pourquoi on aime ?

  • Parce que le disque réunit du beau monde : Karine Deshayes, Sandrine Piau, Isabelle Druet, Axelle Fanyo, Anaïs Constans, Laurent Naouri (aucun ténor, cependant).  
  • Parce qu’à l’écoute de cette musique, on se plaît à imaginer un autre destin pour Adèle Hugo et son œuvre.
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