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Disque spécial Saint-Valentin : il n’y a pas d’amour heureux…

DISQUE – Chez Alpha Classics paraît un récital de la soprano Vannina Santoni, consacré à l’amour – autant dire que le répertoire lyrique offre ce qu’il faut en la matière. Alors, amour heureux ou malheureux ? C’est définitivement vers le pan dramatique que penche la balance, avec l’Orchestre national de Lille placé sous la direction de Jean-Marie Zeitouni.

À la recherche d’une playlist de Saint-Valentin ? Ne cherchez plus ! Pour son récital discographique qui paraît le 14 février chez Alpha Classics, la soprano Vannina Santoni se plonge dans les affres opératiques du sentiment amoureux, où les histoires d’amour finissent mal – en général.

Vertige de l’amour

« Par amour » est le titre choisi pour cet album, mais au fond, il ne nous dit pas grand-chose de son programme, tant l’opéra regorge de récits où l’on s’aime (littéralement) à mourir. Cet enregistrement nous semble plutôt une belle galerie de portraits, où se dessine en filigrane la personnalité d’une chanteuse, sur un fil entre des répertoires et des typologies vocales un peu différentes.

© Studio Harcourt

En effet, parmi les grands classiques du répertoire du XIXème siècle qui composent le programme, on retrouve aussi bien la grâce tourbillonnante de Juliette et la douceur caressante de Lauretta, que la prière tragique de Desdémone ou les adieux de la Wally. On se parle d’amour, on se redit des choses tendres, mais on chante quand même beaucoup le désespoir, à l’image du « Dio pietoso » qui ouvre l’album – tiré de la rare Risurrezione de Franco Alfano. Une mélodie populaire corse, « O Ciucciarella », vient heureusement, après les drames, apaiser les passions.

Sarà perché ti amo

Si Vannina Santoni est cette saison en pleine musique française (Blanche de la Force, Micaëla, Grisélidis au disque, et très bientôt Marguerite), cet album est l’occasion de l’entendre dans un répertoire italien dramatique, aux accents véristes, qui demande aussi bien des aigus puissants qu’un grave sonore et expressif. Il y a dans la voix de la soprano une coexistence d’un medium-grave timbré, sombre, et d’aigus clairs : on navigue entre ces différentes couleurs de la voix, soutenues par l’Orchestre National de Lille sous la direction de Jean-Marie Zeitouni, qui sait accompagner les chanteurs et qui refuse, dans son approche du répertoire italien, tout effet de manche. Pas de tutti démesurés, mais la possibilité pour Vannina Santoni de déployer le texte et de respecter sa voix, sans avoir besoin de la pousser dans ses retranchements pour faire face.

Je t’aime… moi non plus

Ce que l’on aime le plus dans cet album est sans doute le répertoire français. Ce n’est ni une question vocale, ni une question de langue ; mais Vannina Santoni et l’orchestre y montrent une élégance dans le phrasé, une délicatesse aussi dans les nuances. Car l’Orchestre National de Lille se distingue tout particulièrement par ses pupitres de vents et de harpes, qui cisèlent le son d’ensemble – et que les compositeurs français du programme ont su solliciter. Cela est d’autant plus évident dans l’entracte de l’Acte II de Roméo et Juliette et le prélude de l’acte II de Manon – et on apprécie d’entendre aussi des pages orchestrales, qui offrent des respirations au milieu des scènes et permettent de se plonger plus longuement dans les œuvres. Le duo de Saint-Sulpice est sans doute le moment le plus réussi de l’album, alors que Manon déploie des trésors de séduction pour que Des Grieux l’aime encore. Julien Dran est un partenaire assez idéal pour la Manon proposée par Vannina Santoni, avec un même travail de la diction et de la nuance, que l’orchestre vient souligner en alternant les grands déploiements tragiques et un raffinement de l’expression.

À lire également : Roméo et Juliette : amoureuses au nouveau regard

Parmi toutes les histoires d’amour de l’art lyrique, Vannina Santoni a privilégié celles qui finissent mal ; et à l’opéra les amours mortes, n’en finissent pas de mourir.

C’est pour qui ?

  • Pour les amoureux de vérisme
  • Pour les amoureux de musique française
  • Pour les amoureux tout court ?

Pourquoi on aime ?

  • Parce que ce sont des portraits de femmes 
  • Parce qu’on explore le spectre de la voix de Vannina Santoni
  • Parce qu’on (re)découvre les raffinements de l’Orchestre national de Lille
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