Le monde de Ravel, par l’ONF

CONCERT – L’Orchestre National de France consacre une série de 5 concerts complets à l’œuvre de Maurice Ravel sous la baguette de son chef Cristian Macelaru, avec pour la troisième soirée programmée le concours de Marie-Nicole Lemieux pour le cycle Shéhérazade.

Il y a 150 ans, le 7 mars 1875 précisément, naissait à Ciboure ravissant port de pêche du Pays Basque, le compositeur Maurice Ravel. Il allait marquer de sa forte empreinte la musique du 20ème siècle et à travers de son fameux Boléro (l’œuvre toujours la plus jouée à l’actuelle) se faire reconnaître par un public dépassant largement les frontières de la musique classique. Ce Boléro figurait au sein au programme de cette soirée.

Le mystère Shéhérazade

Avec le cycle Shéhérazade, Ravel convie l’auditeur vers les sortilèges de l’Orient et ses fantasmes, par la magie de sa musique et celles des textes fascinants de Tristan Klingsor. Les trois mélodies distillent le mystère, les sentiments amoureux ardents et presque immatériels, et des moments suspendus dans le temps et l’espace. Marie-Nicole Lemieux aborde avec passion et toute l’intensité expressive Shéhérazade, tout en se heurtant à une tessiture plus élevée que la sienne. De fait, dans la première mélodie Asie, le legato peine à s’installer durablement et l’aigu notamment sur le mot « Haine » le plus extrême est soumis à de fortes tensions. Le ton un peu plus grave de La Flûte enchantée ou de l’Indifférent lui permet cependant de mieux installer son propos et son chant, qui alors reprennent leur naturel et leurs développements plus caractéristiques. La couleur de sa voix de contralto retrouve alors toutes les qualités qu’on lui connaît.

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Spain, again…

L’Alborada del gracioso ouvrait le programme de la soirée, permettant à Cristian Macelaru de mettre en valeur tant l’orchestration foisonnante de Ravel que son ensemble en lui-même, qui s’empare du morceau avec délectation. Tzigane fut composé à l’origine par Maurice Ravel pour la violoniste hongroise Jelly d’Aranyi, que le compositeur avait découvert à l’occasion de la création à Londres en 1922 de la Première Sonate pour piano et violon de Béla Bartok. Constituée d’un seul mouvement inspiré de la musique tant hongroise que tzigane, l’œuvre requiert de l’interprète virtuosité, excellence mais aussi raffinement.

Sarah Nemtanu

Le violon ouvre seul cette superbe page de musique avant d’être rejoint par un orchestre luxuriant et presque exubérant sur le final avec le soliste. En articulation parfaite avec l’Orchestre National de France, Sarah Nemtanu en donne une interprétation excitante, virtuose certes mais toute empreinte du sceau de l’expérience et de la passion. Avec une Rapsodie espagnole entrainante puis pour conclure en beauté le fameux Boléro-dont Cristian Macelaru maîtrise toutes les ressources et plus encore la dynamique impériale- ce concert en hommage à Maurice Ravel se terminait sous une avalanche de bravos.

Ona urtebetetzea* Maurice !

  • « Bon anniversaire » en basque
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