Antoine Tamestit : the Altiste

CONCERT – L’Opéra de Massy accueille l’Orchestre national de France pour un concert aux rythmes slaves avec Petrouchka de Stravinsky, mis en miroir avec l’envoûtant Concerto pour alto de Walton par Antoine Tamestit, sous la direction de Marie Jacquot.

Soirée d’exception à l’Opéra de Massy, qui accueille pour la première fois l’altiste Antoine Tamestit et la cheffe Marie Jacquot à la tête de l’Orchestre national de France. Le programme concocté promet une ébullition de couleurs et de rythmes défendue avec autant de maîtrise que de plaisir.

Premiers rôles

La première partie est introduite par une courte pièce mais non moins énergique de Elsa Barraine : Les Tziganes, dont les motifs folkloriques animent des mesures irrégulières et rappellent par moment Bartók ou même Enescu, dans un élan très cinématographique. Elle permet aux instrumentistes, dirigés par la gestuelle droite, précise et néanmoins capable de souplesse de Marie Jacquot, de se mettre en condition pour le superbe Concerto pour alto de William Walton.

Œuvre phare du répertoire pour alto, elle reste encore injustement méconnue du grand public. Pourtant, elle ne manque pas de charme, grâce notamment aux talents d’Antoine Tamestit. Dès ses premiers coups d’archet, l’altiste montre une poésie sincère, une musicalité qu’il prend plaisir, non seulement à jouer, mais à partager. Ses regards attentifs, voire complices, avec la cheffe et les musiciens ajoutent à sa personnalité indéniablement généreuse, n’hésitant pas à jeter un œil reconnaissant au public, et même aux spectateurs si heureux qu’ils applaudissent entre deux mouvements.

Alerte Stradivarius !

Antoine Tamestit propose une interprétation précise, grâce à une maîtrise ferme de son archet qui permet des attaques franches sans brusquerie. Le timbre de son instrument, un Stradivarius de 1672, fait entendre un délicieux grain qui ne perd aucune chaleur dans les aigus, bien qu’y gagnant au contraire une tension presque implorante, toujours éloquente. C’est dans une sorte de résiliation, sombre et triste, que se termine le concerto, suscitant toutefois d’heureux et admiratifs applaudissements. En remerciement, Antoine Tamestit offre, en complicité avec la harpiste de l’Orchestre National de France, Flow my Tears de John Dowland, au lyrisme pudique, triste et touchant…

Le ballet Petrouchka, en deuxième partie de concert, permet d’apprécier encore davantage l’élan insufflé par Marie Jacquot qui anime alors ces rythmes incisifs semblant venir de la terre même, ces couleurs qui se juxtaposent et ces motifs qui se bousculent. Cette marionnette russe se fait délicieusement maladroite et héroïque. On aurait pu souhaiter des pizzicati finaux plus ensemble pour terminer avec la même constance et la même précision qui nous ont fascinées toute la soirée.

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Le public applaudit avec ferveur l’orchestre et sa cheffe, heureux d’avoir pu profiter d’un concert de si haute qualité pour des œuvres aussi virevoltantes.

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