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Stutzmann boxe un Ring en 20 manches à la Philharmonie

CONCERT – L’Orchestre de Paris invitait Nathalie Stutzmann pour la troisième fois, dans un programme qui affiche le Concerto pour piano n°4 de Beethoven avec Emanuel Ax et le redoutable Ring (sans paroles) de Wagner, dans la version du chef mythique Lorin Maazel.

Le Concerto pour piano n°4 en sol majeur, op.58 de Ludwig van Beethoven fut créé en 1808 au Théâtre an Der Wien de Vienne, avec le compositeur dirigeant lui-même l’orchestre depuis le piano.

Le piano de Beethoven

Cette période est particulièrement féconde, et illustre le souhait de Beethoven de se libérer des contraintes du passé. Chef-d’œuvre avéré, ce concerto semble vouloir fusionner orchestre et piano, en gardant cette qualité de dialogue et de croisements tou au long de ses trois mouvements. La dimension large et symphonique s’impose, et le piano répond par une approche sensiblement plus lyrique et tendrement poétique. Le rondo final particulièrement brillant voit les deux acteurs se rejoindre et se complaire alors l’un avec l’autre.

Emmanuel Ax aborde sa partie avec une élégance souveraine, et cette agilité qu’il a toujours. Entre rêve et réalité, le pianiste conduit l’auditeur vers des sphères privilégiées, sans esbroufe ni pesanteur. Nathalie Stutzmann lui apporte un soutien décisif et toute la générosité d’un Orchestre de Paris ravi qui salue le pianiste généreux avec une chaleur toute particulière.

Bref : le Ring de Wagner

Cette version symphonique de la tétralogie l’Anneau du Nibelung de Richard Wagner, d’une durée de 70 minutes environ, fut réalisée par le chef Lorin Maazel en 1987. Cette partition monumentale est divisée en 20 morceaux enchainés, auxquels des titres ont été attribués par Maazel lui-même. Une défaillance du surtitage dans la grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie n’a pas réellement permis au public qui ne connaît pas la Tétralogie par cœur de suivre le déroulé précis.

Condenser les quatre opus de l’Anneau (entre 15 et 20 heures de musique) est un (trop ?) grand défi : des leitmotivs incomplets ou juste ébauchés qui se succèdent les uns aux autres, quelquefois de façon relativement audacieuse, voire abrupte. Mais Nathalie Stuzmann connaît bien son Wagner, elle qui est invitée au Festival de Bayreuth. Elle possède un sens avéré de l’architecture et de l’unité, du déroulé de cette musique qui vise le superlatif avec ses pleins et ses déliés, ses phases tantôt dramatiques tantôt lumineuses. Même si la dernière partie consacrée au Crépuscule des Dieux paraît un peu longue, moins affirmée, le plaisir est indéniablement au rendez-vous.

À lire également : La playlist classique de Nathalie Stutzmann

Toutes les forces déployées par l’Orchestre de Paris participent très activement de l’aventure, saluée avec enthousiasme par l’ensemble du public présent. C’était long, mais c’était bon !

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