AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - DanseGolden Stage ? Plutôt Golden Audience à La Villette

Golden Stage ? Plutôt Golden Audience à La Villette

DANSE – « Golden Stage » s’annonce désormais chaque année comme un événement incontournable du hip-hop. Et avec désormais 10 éditions, c’est vrai. Même si cette année le spectacle et l’énergie étaient dans la salle :

C’est fort rare mais quelquefois le spectacle est davantage en salle que sur la scène. Et parfois c’est l’énergie de la salle qui dynamise la scène… Mais alors là le « Golden Stage » de cette année c’était encore un autre level et une expérience rarissime : celle d’une salle chauffée à blanc tandis que si la scène avait voulu tout faire pour la refroidir elle aurait difficilement fait mieux.

Les enceintes et les danseurs sur scène ont beau être tournés vers le public, c’est de la salle que vient ce soir toute l’énergie électrisante, les décibels, la dynamique, les mouvements.

Il faut dire que le public de la Grande Halle, attiré par l’événement et réunissant de grands et nombreux groupes de jeunes spectateurs est en fusion avant même le début du spectacle : à travers les travées on hurle, saute, bondit, trépigne (tout ce qui manque justement ce soir sur scène). L’énergie semble même surgir de la salle d’autant plus volontairement quand il ne se passe rien sur scène, comme pour redynamiser les artistes.

Papy, fais de la résis-dance

Si Golden Stage suscite une telle frénésie (c’est d’ailleurs peut-être même la raison pour laquelle les artistes sélectionnés se reposent sur ce label), si l’initiative est devenue un événement incontournable de la culture hip-hop parisienne, dans ce lieu culturel incontournable qu’est La Villette c’est aussi qu’il annonce inviter « Les incontournables du hip-hop ». Hélas cette année, ce n’est pas le cas. Les trois groupes ont certes un bon niveau mais leur professionnalisme est plutôt celui au niveau d’un bon spectacle de fin d’année que d’un panthéon comme il en existe encore beaucoup. Certes c’est aussi car le point d’orgue de la soirée est confié à ARTIZANS « La Danse des légendes du hip-hop français » (rien que ça) mais le respect qui est dû à leurs services rendus force aussi à reconnaître qu’à une brillante exception break-dansante près, ils n’ont plus l’énergie nécessaire à de telles prouesses artistiques. Et avant eux le Collectif Sons of Wind (qui n’a pas du tout le dynamisme du vent) aura proposé Bounce qui ne bounce (bondit) pas du tout justement (hocher de la tête et enchaîner des poses c’est plutôt une caricature du Hip-Hop qu’autre chose) et qui finit comme une Macarena hip-hop, avant de céder la scène refroidie à « La Diva aux pieds nus » qui n’est ni une Diva ni aux pieds nus (encore moins Cesária Évora dont c’est le surnom) mais cinq danseuses en baskets. Les références y compris aux roots africaines du Hip-Hop sont certes convoquées, mais entre fumées et lumières rasantes, les enchaînements techniques ne sont ni très techniques, ni enchaînés.

Ces trois shows, froids, lents, longs se déroulent sur des musiques mixées à la hache et, loin de s’enchaîner, ils demandent de longs temps de changements de plateau, pour passer d’une scène vide à une scène vide avec une table. Ces longs temps ne sont même pas des entractes mais l’occasion pour deux « MC » de faire des quizz en passant dans le public (ambiance kermesse de fin d’année, quant tu nous re-tiens !).

À Lire également et même plutôt : Doom à La Villette ou la relativité du temps redémontrée par le Hip-Hop

Seul point intéressant de la soirée, ces quizz portent sur des gestes de Langue des Signes, la soirée étant particulièrement inclusive avec le MC Jules Turlet danseur hip-hop et chansigneur et la généreuse distribution de gilets vibrants (pour vibrer encore plus que la musique mal calibrée).

Ce ne sont en tout cas pas les yeux qui auront vibré ce soir. Tant pis, « you can’t strike gold everytime » comme on dit aux States. Et malgré la soirée, il ne fallait en fait pas courir trop vite en repartant : il fallait se poser sur un spot en or, bien à l’écart de la salle, en chemin vers le métro, en s’arrêtant entre le concert d’étudiants jazz du CNSM à La Petite Halle et le parquet mis à disposition de tous les danseurs sur le parvis. C’était là en fait qu’il était, le filon en or du soir…

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