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Peau d’Homme réinvente le genre

COMÉDIE MUSICALE – Léna Bréban réinvente avec audace la BD culte « Peau d’Homme » en une comédie musicale virevoltante où Laure Calamy excelle dans le rôle-titre. Cette adaptation survitaminée, portée par les chansons de Ben Mazué, dynamite avec jubilation les stéréotypes du genre au Théâtre Montparnasse jusqu’au 8 juin. 

Cette adaptation scénique de la bande dessinée d’Hubert et Zanzim revisite brillamment le conte de Charles Perrault, « Peau d’Âne », en transposant le récit dans une Renaissance italienne fantasmée. Au lieu de fuir un père incestueux sous la peau d’un âne, notre héroïne, Bianca, jeune fille de bonne famille, part à la conquête de sa propre liberté sous la peau d’un homme. 

Peau d’Âne en comédie des genres

Promise à un garçon qu’elle n’a jamais rencontré, Giovanni (Valentin Rolland), Bianca s’inquiète légitimement de la personnalité de son futur époux. Heureusement, sa marraine fantasque (Samira Sedira) lui révèle un secret de famille insolite : une peau d’homme magique permettant de se transformer temporairement en homme. Le genre de costume qu’on aurait tous aimé avoir dans notre garde-robe d’adolescente. Revêtue de cette seconde peau d’homme viril, Bianca devient Lorenzo et part espionner de façon incognito son futur mari. Mais surprise, son fiancé n’est pas exactement l’homme qu’elle imaginait, et c’est sous son identité masculine qu’elle vivra une passion inattendue avec lui. Vous l’avez compris, cette pièce aborde avec un humour décapant et une sensibilité contemporaine les questions de genre, de désir, de plaisir et d’identité et transforme un conte traditionnel pour enfants en fable contemporaine sur la liberté individuelle et sur la liberté d’aimer qui on veut. 

Ben Mazué, bel Homme

Léna Breban transforme la BD culte en une comédie musicale débordante d’inventivité où chaque élément s’imbrique à la perfection. En s’entourant d’artistes de talent, elle orchestre un spectacle pétillant et survolté. Le talentueux auteur-interprète Ben Mazué a écrit des chansons inédites accompagnées simplement d’un piano ou d’une guitare où les mots priment sur la mélodie, créant de beaux moments poétiques. Clément Simounet accompagne brillamment ces parenthèses musicales en live, tandis que Leïla Ka signe la chorégraphie. Les costumes d’Alice Touret complètent ce tableau visuel dans un décor de carton pâte délibérément kitsch évoquant une Renaissance italienne fantasmée.

© Jean-Louis Fernandez

Laure Calamy, à fleur de peau

Et puis il y a surtout la performance éblouissante de Laure Calamy, cette actrice dont la carrière a explosé depuis « Dix pour cent ». Elle incarne magistralement Bianca / Lorenzo avec une fraîcheur contagieuse et un côté rebelle hilarant. Sa présence scénique est virevoltante – elle danse, bondit et chante plutôt bien tout en changeant de costume constamment sans jamais vraiment quitter le plateau. Une performance d’actrice à tous égards. 

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Autour d’elle gravite une troupe remarquable qui cumule les changements de rôles :  Samira Sedira, hilarante en tante foldingue aux idées révolutionnaires ; Vincent Vanhée, véritable révélation, stupéfie tant en frère fanatique religieux qu’en reine de la nuit sur talons aiguilles avec sa voix aiguë ; Emmanuelle Rivière compose avec justesse une mère prisonnière des conventions sociales ;  Aurore Streich détonne en amie espiègle et libérée, prête à défier les normes matrimoniales et à se faire fouetter ; Régis Vallée déploie un talent polyvalent (chant, guitare, jeu) dans ses rôles, particulièrement irrésistible en ami d’enfance frivole.  Adrien Urso complète ce tableau en tavernier italien travesti amateur de fêtes nocturnes. Sans oublier Valentin Rolland, qui campe avec justesse un mari sulfureux amateur de plaisirs masculins.

Aimer comme on est

Le rythme, parfaitement maîtrisé, maintient le spectateur en haleine pendant deux heures sans temps mort. Cette fable située dans un passé lointain fait délicieusement écho à notre époque actuelle, se jouant avec espièglerie des préjugés de genre tout en dénonçant le fanatisme et homophobie. Le ton reste léger, même lorsque des sujets graves comme le lynchage des homosexuels ou l’oppression des femmes sont abordés. On passe un bon moment, et si on aime l’humour un brin lourd, c’est encore mieux !. La pièce célèbre admirablement le droit d’être soi-même et d’aimer librement, plaçant la découverte de son propre plaisir au centre de son propos. 

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