AccueilSpectaclesSpectacles - Comédie MusicaleWonderful Town : l'autre chef-d'œuvre de Bernstein

Wonderful Town : l’autre chef-d’œuvre de Bernstein

COMÉDIE MUSICALE – Une comédie musicale écrite il y a plus de soixante-dix ans peut-elle encore amuser son public ? La réponse est oui, à condition qu’elle fasse appel à des talents intemporels, comme celui de Leonard Bernstein, dont la musique a enchanté le public pendant des décennies, nous offrant non seulement la partition de West Side Story, mais aussi celle de Wonderful Town.

La production, mise en scène par Zhailon Levingston et sous la direction musicale bienvenue de Mary-Mitchell Campbell, nous ramène à l’époque nostalgique de Greenwich Village, bien avant que ce charmant quartier de New York ne se gentrifie à coup de loyers exorbitants, et d’un peu de prétention.

« À 18 ans j’ai quitté ma province »

Que se passe-t-il donc sur Christopher Street ? Deux sœurs, Eileen (Aisha Jackson) et Ruth (Anika Noni Rose), décident de quitter leur ville natale de l’Ohio pour tenter leur chance dans la ville des rêves : New York. Avec le peu d’argent qu’elles ont en poche, elles louent une petite chambre miteuse et tentent de poursuivre leur carrière tout en essayant de mettre de la nourriture sur la table. Existe-t-il une façon plus bohème et plus romantique de vivre que celle d’une artiste affamée ? Eileen et Ruth l’espèrent vivement.

L’histoire est aussi « simple » que ça : des espoirs et des luttes sur Christopher Street. Wonderful Town n’est pas une histoire pleine de rebondissements. Les personnages sur scène, accompagnés d’un ensemble vigoureux et animé, provoquent des éclats de rire dans le public, avec des chorégraphies extraordinaires et un humour burlesque qui, lorsqu’il est exécuté avec goût, s’intègre parfaitement à cette partition farfelue et comique.

Les demoiselles de New York

La reine de la comédie dans cette production est indéniablement Anika Noni Rose, dont le personnage, Ruth, est la plus posée et la plus responsable des deux sœurs. Ruth rêve d’une carrière d’écrivain, tout en soutenant sa jeune sœur, actrice en herbe. Rose donne du relief à son personnage, en équilibre entre femme d’antan et femme de son temps. Son numéro One Hundred Easy Ways a vraiment brillé parmi les autres, brillant moment de comédie et de satire sociale dans un numéro spectaculaire. Dans les duos, la voix profonde et chaude de Rose complète celle d’Aisha Jackson. Leur numéro récurrent, Ohio, témoigne de leur sororité et du lien profond qui les unit depuis le début.

Entrez dans la bande !

New York, telle que nous la découvrons dans Wonderful Town, est vivante, vibrante et pleine de passion. Parce qu’elle se déroule dans les années 1950, cette comédie musicale nous plonge au cœur de changements sociaux que Teresa L. Williams explore à travers sa conception scénique. La décision de placer l’orchestre au-dessus de la scène et non dans la fosse, comme c’est généralement le cas, nous donne l’impression que toute l’action se joue en sous-sol. Ce n’est pas une coïncidence, car la construction d’une nouvelle ligne de métro est un thème récurrent de la pièce. L’arrière-plan est une projection d’un plan de Greenwich Village, indiquant les rues familières à nos personnages. Le quartier lui-même devient protagoniste, animé par des personnages esthétiquement cohérents, vêtus d’une variété de motifs noirs et blancs (conception des costumes par Linda Cho), pour une esthétique de la cohérence où chaque personnage à sa touche bien à lui.

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Wonderful Town est un festin visuel et musical pour qui regrette la nostalgie du vieux New York, et pour ceux qui sont simplement curieux de le connaître. Avec Bernstein dans le rôle du génie musical de la ville, cette production invite le spectateur dans un monde où il peut se sentir comme un ami de passage, entendre le jazz et le swing dans les rues, sentir l’odeur du restaurant italien d’à côté, et entendre les discussions passionnées des amoureux dans l’appartement voisin. Toutes ces merveilles prennent vie sur Christopher Street, et si votre carte vous y a déjà conduit, ne manquez pas de vous arrêter au New York City Center pour plonger plus profondément dans sa magie.

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