AccueilDisquesDisques - LyriqueLe Roi d'Ys : vive le Roi de Bretagne !

Le Roi d’Ys : vive le Roi de Bretagne !

DISQUE – Dans le cadre de sa précieuse collection Opéra Français, le Palazzetto Bru Zane fait paraître un nouveau coffret de 2 disques et un livre, consacré au Roi d’Ys de Lalo, capté à Budapest en janvier 2024 sous la baguette de György Vashegyi.

Œuvre lyrique presque unique d’un compositeur alors âgé de 65 ans, le Roi d’Ys fut créé à l’Opéra-Comique en 1888 alors installé Salle du Châtelet, après l’incendie de la salle Favart.

Le Roi d’Ys : Késako ?

La pochette du Roi d’Ys, livre-disque paru aux ed. Palazzetto Bru Zane

Cet opéra singulier et tragique basé sur une légende bretonne comprend trois actes et cinq tableaux sur un poème épique d’Edouard Blau. Il conte les malheurs de la ville d’Ys, en Cornouaille bretonne menacée par son pire ennemi, l’impitoyable Carnac. Le Roi d’Ys se résout à lui promettre la main de sa fille Margared, éprise comme sa sœur Rozenn du fier guerrier Mylio. Mais Margared repousse Carnac et les hostilités reprennent de plus belle.

Dans l’intervalle, la rivalité amoureuse des deux sœurs s’exaspère. Margared trahit son peuple avec la complicité de Carnac en ouvrant les écluses qui protègent la ville d’Ys. L’inondation décime la ville et la plupart de ses habitants : seuls le Roi, Rozenn et Mylio en réchappent. Epouvantée, Margared se précipite dans la mer. Avec ses côtés spectaculaires et presque surnaturels, ses personnages forts et contrastés, sa tension dramatique qui ne se relâche jamais, la beauté et la force expressive des chœurs, Le Roi d’Ys s’éloigne des créations plus consensuelles alors présentées salle Favart, comme Lakmé par exemple.

Roi déchu

Ce drame nu et profond, qui s’ouvre sur une ouverture particulièrement charpentée, fiévreuse, propose des scènes concises et puissantes, traversées par des airs élégants comme l’Aubade de Mylio, ou enfiévrés comme l’air de Margared au début du deuxième Acte. La musique de Lalo possède une puissance d’attraction certaine et mystérieuse qui permit à l’ouvrage de s’inscrire durablement au répertoire de l’Opéra-Comique, puis à celui de l’Opéra de Paris à partir de 1941, avant de disparaître peu à peu des affiches.

Le Palazzetto Bru Zane a choisi de redonner toutes ses chances à cet opéra important en version concertante lors deux soirées programmées à Budapest d’abord, puis à Amsterdam en janvier 2024. C’est le premier concert qui a été capté et qui est ici restitué. Après Werther, la collaboration du Palazzetto avec l’Hungarian National Philharmonic Orchestra et son chef György Vashegyi porte décidément ses fruits. La direction de ce dernier sait traduire toute la puissance dramatique de la musique, mais aussi ses variations et la science de son instrumentation : aucune baisse de tension n’est ressentie, aucun temps mort, ce dans une vision d’ensemble maîtrisée.

Nouveau joyau pour la couronne

La discographie du Roi d’Ys était certes limitée jusqu’à présent, dominée par la superbe intégrale gravée en 1957 pour EMI par André Cluytens.

  • Cyrille Dubois brille en Mylio, entre douceur amoureuse et éclats héroïques.
  • Judith van Wanroij charme en Rozenn, toute en finesse vocale.
  • Si Kate Aldrich n’égale pas la légendaire Rita Gorr, elle s’en sort vaillamment en Margared.
  • Jérôme Boutillier campe un Carnac intense, Nicolas Courjal impose son Roi avec prestance, malgré une voix un brin instable.
  • Enfin, Christian Helmer assure avec brio ses deux rôles
À lire également : Le Palazzetto refait vivre L’Île du rêve de Reynaldo Hahn

Au bilan, un nouvel opus de la collection Opéra Français indispensable pour mieux connaître un ouvrage par trop négligé, à placer en équivalence avec l’intégrale d’André Cluytens. L’Opéra National du Rhin proposera en mars 2026 une nouvelle production du Roi d’Ys d’Edouard Lalo dans une mise en scène d’Olivier Py et placée sous la baguette de Samy Rachid. Une excellente occasion supplémentaire de se rendre à Strasbourg ou Mulhouse.

Pourquoi on aime ?

  • Parce qu’on ne connaissait pas si bien les Opéras de Lalo. Et on adore !
  • Pour le cast de haut-vol
  • Parce qu’un roi de Bretagne qui ne soit pas incarné par Alexandre Astier, ça change…

C’est pour qui ?

  • Pour les amateurs de tragédie, qui aiment utiliser leur temps libre à verser leur petite larme
  • Pour ceux qui disent que l’Opéra français du XIXè, c’est parfois un peu niais…
  • Pour les lecteurs infatigables des livrets d’Opéra, qui sont servis avec le Palazzetto Bru Zane !
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