FESTIVAL – L’édition 2025 du festival Musique dans les Vignes, à Savennières près d’Angers vient de s’achever, entre concerts en plein air, masterclasses et dégustations de vin, dans le cadre idyllique des coteaux de la Loire : un évènement intergénérationnel et incontournable de l’été musical angevin.
C’est en plein cœur du vignoble de Savennières, dans les coteaux de la Loire, qu’a lieu chaque mois de juin le festival « Musique dans les Vignes ». Une occasion rêvée pour découvrir la musique, les vins locaux et la splendeur du paysage vert et doré. Cette année, le beau temps était au rendez-vous – un peu trop présent même puisque la région traverse (comme tant d’autres) un épisode caniculaire. Une douceur angevine sous un soleil de plomb. Par chance, cela n’a pas perturbé le déroulement du festival, le grand cèdre du parc du Château de Chamboureau étant là pour offrir son ombre bienveillante.

Jeunes ceps et grands crus
Ce festival a été l’occasion d’une rencontre entre jeunes interprètes, venus de divers conservatoires et pays, et artistes chevronnés venus spécialement dispenser leur masterclass : Claire Désert et Florent Boffard (professeurs au CNSMD de Paris) pour le piano, Philippe Graffin pour le violon, Violaine Despeyroux pour l’alto, Marc Coppey pour le violoncelle et Laurène Durantel pour la contrebasse. Le programme a ainsi fait alterner concerts des étudiants, en entrée libre et gratuite, et concerts des professeurs en résidence. Le public a pu découvrir le talent prometteur des premiers et l’expertise musicale des seconds, dans une programmation éclectique alternant grands classiques (le Quintette avec piano « la Truite » de Franz Schubert) et œuvres moins connues, comme le funèbre et solennel Quatuor no 2 d’Anton Stepanovitch Arenski, avec Antoine Landowski, directeur artistique du festival au violoncelle, remplaçant Marc Coppey appelé par un autre festival.

Musique chambrée
Le public a pu apprécier le jeu pianistique relevé de Claire Désert sur la sonate de Janacek, qui rehausse toute l’expressivité du morceau, comme un monologue intérieur parsemé d’idées fixes. Tout aussi subtil dans ses intentions, Florent Boffard instille à la Sonate pour Violoncelle et piano de Chostakovitch une joie ironique, quand l’archet de Marc Coppey y déploie des graves veloutés. Laurène Durantel fait découvrir une série de pièces solo pour contrebasse d’Hans Fryba, Domenico Gabrielli, Tomaso Antonio Vitali et du contemporain Donald Grant, en jouant avec un archet de viole de gambe qui révèle un son surprenant, nacré et vibré dans le médium. Philippe Graffin s’illustre quant à lui avec virtuosité et passion sur la Sonate n°3 pour violon et piano de Georges Enesco, parsemée de notes « flûtées », à fleur de corde. Enfin, Violaine Despeyroux montre du caractère dans ses parties d’alto d’un lyrisme contenu qui apporte du liant à l’ensemble, déjà très soudé par une complicité remarquable.
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Antoine Landowski clôt le festival en annonçant : « rendez-vous dans cinquante-deux semaines ». Le public ne manque pas de s’en émouvoir. Il faut saluer la connivence entre les artistes et les bénévoles de la Société des Concerts Populaires organisatrice du festival, dans une ambiance de joie communicative, des plus chaleureuses.

