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So British à Mulhouse : Elgar et Dvořák, for sure !

COMPTE-RENDU — À La Filature, le concert So British, dirigé par Harry Ogg et porté par l’Orchestre national de Mulhouse avec le violoncelliste Marc Coppey, proposait un programme centré sur deux figures majeures du répertoire orchestral européen : Edward Elgar et Antonín Dvořák. Il réunit deux œuvres commandées par des institutions londoniennes, de quoi ravir les oreilles de Paddington.

Dès les premières mesures d’In the South d’Elgar, une attention particulière se dessine dans la gestion du souffle musical. La direction d’Harry Ogg privilégie une circulation fluide du son, où les dynamiques ne s’imposent jamais brutalement mais semblent émerger d’un mouvement interne continu. Le solo d’alto accompagné par les harpes agit comme une suspension du temps, un ralentissement du flux musical. Le son se raréfie, les textures s’allègent, et l’attention se déplace vers une forme de fragilité sonore. Un nuage de lait dans a proper cup’o’tea !

N’oubliez pas votre bowler hat et votre umbrella

Dans le Concerto pour violoncelle, le discours se resserre et se concentre avec Marc Coppey et l’Orchestre national de Mulhouse. Dans cette œuvre tardive, écrite dans le contexte de l’après-guerre, Elgar semble réduire volontairement les moyens pour mieux concentrer l’expression. Le jeu de Coppey prolonge cette logique : peu d’effets, peu de gestes démonstratifs, mais une intensité continue, tenue, presque intérieure. Le son habite l’espace tout en retenue, en véritable gentleman n’oubliant pas ses good manners.

© Orchestre National de Mulhouse / Marc Guénard
Keep calm and listen

La Symphonie n° 7 d’Antonín Dvořák ne rompt pas avec cette logique du souffle puisqu’elle la déploie à une autre échelle. Ici, la respiration devient plus large et structurée autour d’une circulation constante des motifs entre les pupitres. Le choral des bois ouvre une zone de calme relatif, où le temps est ralenti. Même dans les passages plus animés, cette logique persiste. Le Scherzo et le Finale conservent cette mise en tension progressive. Harry Ogg maintient cette cohérence en évitant tout excès, privilégiant la lisibilité.

Ce n’est pas le public du Royal Albert Hall mais celui de Mulhouse qui salue cette excursion par-delà la Manche, et qui n’aurait pas déplu à His Majesty. Cheers !

À Lire également : L’interview perchée – Marc Coppey

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