FESTIVAL – David Salmon et Manuel Vieillard nous servent les pièces de choix du répertoire de piano à quatre mains de Schubert. Attention, chaud devant !
À peine six mois après la parution de leur intégrale de l’œuvre pour piano à quatre mains de Franz Schubert, le Geister duo nous en propose un florilège étendu dans le cadre du festival de la Roque d’Anthéron, en trois concerts répartis sur la journée du 26 juillet 2025. Un menu entrée-plat-dessert qui vient à bout de l’appétit des aficionados schubertiens les plus affamés, peu nombreux à assister aux trois moments musicaux malgré une grande affluence sur l’ensemble des concerts.
Dans Schubert, tout est bon.
La paire formée par David Salmon et Manuel Vieillard ne faillit pas à sa réputation et nous sert sur un plateau d’argent les plus beaux chef-d’œuvre du maître du piano à quatre mains. De la Fantaisie en sol majeur, la toute première du foisonnant catalogue de Schubert et donnée en entrée du premier concert, à la célèbre Fantaisie en fa mineur, l’une de ses dernières œuvres, qui clôt la dernière représentation, le programme mitonné par nos hôtes marie les saveurs que Schubert a su donner à cette formation si particulière qu’est le piano à quatre mains : marches militaires énergiques, parfois syncopées, l’hypnotique Andante du trop rare Divertissement à la Hongroise en sol mineur, sans oublier le brillant des Variations sur un thème de la “Marie” de Hérold en ut majeur.
Il y en a un peu plus, je vous le mets ?
Les trois temps de la journée offrent autant d’occasions d’agrémenter le programme avec des pièces données en bis. Après sept disques enregistrés pour leur intégrale, notre duo n’a ici que l’embarras du choix. Par exemple, deux charmants Ländler, des danses traditionnelles Allemandes, permettent de compléter la palette des styles musicaux présentés.
Une journée ainsi placée sous le signe de la complétude, au cours de laquelle le duo Geister se montre infatigable, et sans doute plus endurant que le public, dont il reçoit des applaudissements aussi chaleureux que mérités.
Des copains, d’abord
Sur le plan de l’exécution, c’est tout simplement parfait. David Salmon et Manuel Vieillard déploient un jeu extrêmement précis et engagé, doté d’une palette sonore à l’étendue impressionnante et porté par une très grande écoute mutuelle et une conduite des phrases irréprochable, qui leur permet de déclamer leur discours comme un seul homme (à quatre bras), en parfaite symbiose musicale.
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Car c’est bien ce que permet le piano à quatre mains, peut-être plus que toute autre pratique chambriste. Le plus haut degré d’amitié en musique. Avec Schubert, le Geister duo s’est trouvé un troisième larron !

