FESTIVAL – Les Variations Musicales de Tannay en Suisse accueillent une nouvelle soirée autour des instruments à cordes, plusieurs musiciens tous issus de la Chapelle Musicale Reine Élisabeth accompagnés de leur mentor l’altiste Miguel da Silva.
La Famille c’est sacré ! et c’est ici celle des instruments tout d’abord : la famille des cordes comme on dit, mise en avant dans un riche programme via trois formations (on le sait il y a des petites et des grandes familles) : quatuor, quintette et octuor, d’où émane une atmosphère immédiatement chaleureuse, perceptible par tout le public qui se laisserait probablement bien adopter…

Jeu de Familles
La Chapelle Musicale est depuis sa fondation en 1939 par la reine Élisabeth de Belgique, une institution reconnue pour la formation et l’accompagnement de jeunes artistes prometteurs. Un de ces lieux, une de ces institutions, dans lesquelles une fois qu’on est entré, alors on est pour toujours « de la famille » : nombreux sont les anciens élèves ou professeurs qui continuent d’entretenir une forte complicité avec l’institution. Miguel da Silva, altiste de renommée internationale et membre fondateur du Quatuor Ysaÿe, y est Maître en Résidence, jouant régulièrement aux côtés de ses élèves.
D’un œil attentif et bienveillant, il guide ses étudiants tout en leur laissant l’espace nécessaire pour s’affirmer. Même lorsque la fougue collective emporte l’ensemble, un thème principal résonne tantôt en canon, tantôt à l’unisson, abolissant la frontière hiérarchique entre maître et élèves. Les jeunes musiciens ont pu s’émanciper, faisant déjà preuve d’une virtuosité éclatante, tandis que Da Silva mettait son expérience au service de leur intégration dans le monde musical. Une famille en or, n’est-ce pas ?
Crier Famille
Alors bien sûr, pas de mélange de genre, et c’est l’esprit d’une famille artistique qui nous intéresse ici, mais force de constater combien, au delà de la grande qualité d’exécution, c’est la complicité touchante entre les musiciens qui frappe l’auditeur. Sourires aux lèvres et regards entendus viennent envelopper le public d’une chaleur simple et conviviale qui rappelle celle de ces dîners en famille (enfin, quand ça se passe bien).
À Lire également : Un violoncelle d’accord(s) à Tannay
C’est de cette étroite proximité qu’est née la rencontre entre le Quartetto Adorno et Miguel da Silva. Leur interprétation relevait moins de la découverte que de la redécouverte : celle offerte tant par l’énergie des musiciens que l’atmosphère du concert, dans une frénésie maîtrisée, un premier violon chantant et narquois, une ligne plus posée et précise du violoncelle…
Le public, ravi de découvrir de nouvelles personnalités et heureux de retrouver des artistes confirmés, restera ébahi par cette communion. En rappel, le Scherzo de l’Octuor est offert avec la même émotion faite d’énergie, comme si les huit instrumentistes vibraient d’un seul jet.

Demandez le programme :
Ludwig van Beethoven (1770-1827) – Quatuor à cordes en do mineur, op.18 n°4
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) – Quintette à cordes en do majeur, KV515
Félix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847) – Octuor à cordes en mi bémol majeur, op.20
Interprétés par : Miguel da Silva (direction et alto), Hawijch Elders (violon), Jingzhi Zhang (violon), Yoon-Soo Yeo (violoncelle) et le Quartetto Adorno

