AccueilSpectaclesComptes-rendus de spectacles - InstrumentalLSO à la Philharmonie : séance de cardio

LSO à la Philharmonie : séance de cardio

CONCERT – Lundi 22 septembre, la Philharmonie de Paris se transforme en salle de sport symphonique. Au programme : Chostakovitch, Britten, Beethoven. Sur scène : le London Symphony Orchestra, mené par un Sir Antonio Pappano qui ne tient littéralement pas en place, et une Janine Jansen incandescente. Deux heures de musique, et autant d’énergie dépensée qu’un cours de cardio intensif.

Chostakovitch : le chef en trampoline

Dès les premières mesures, le ton est donné : la direction est nerveuse, verticale, tranchante. Un pauvre violoncelliste y laisse une corde, claquée net par surprise. Pappano, lui, fait des gestes au-dessus de la tête, saute sur son estrade comme un cabri, et bat la mesure jusque dans ses doigts. L’orchestre, un peu somnolent côté cordes, se fait heureusement réveiller par des vents et des cuivres bien décidés à défendre leur honneur. Entre deux mouvements, le public profite des silences pour tousser à l’unisson : une neuvième de Chostakovitch version grippe saisonnière.

© AduParc

Britten : Janine Jansen en transe

Puis Janine Jansen entre, et là, tout change. Debout, mobile, expressive : elle incarne la musique jusque dans ses genoux pliés, ses torsions du buste et ses regards vers l’orchestre. On dirait presque une actrice jouant un rôle muet, sauf que son violon crie, soupire, grince ou chante selon l’humeur. Tantôt elle joue avec l’orchestre, tantôt contre lui, comme une héroïne qui refuse de se laisser engloutir par la masse sonore. C’est du théâtre, c’est du corps, c’est du lyrisme à l’état brut. Quand la dernière note s’éteint, la salle retient son souffle comme si le temps s’était arrêté. Trois saluts plus tard, tout le monde est rincé mais heureux.

© AduParc

Beethoven : surprise !

Après l’entracte, Pappano ne prévient personne et balance les quatre notes les plus célèbres de l’histoire comme un coup de klaxon. Surprise générale. Le tempo est rapide, les tenues un peu maigres, mais l’énergie est là. Le chef tape du talon sur l’estrade à tel point qu’on le soupçonne de vouloir devenir percussionniste. La cinquième avance comme un train lancé à pleine vitesse : pas forcément subtil, mais impossible à ignorer.

© AduParc

Bis : Sibelius en berceuse

Pour calmer les esprits, le bis se glisse comme une caresse : la Valse triste de Sibelius. Après Chostakovitch bondissant, Britten possédé et Beethoven à la hussarde, c’est comme une camomille après trois doubles expressos. Les applaudissements sont nourris, ponctués de bravos et de sifflets admiratifs.

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Le public, d’abord surpris par tant de débordements scéniques, se laisse vite emporter par cette énergie contagieuse. Les applaudissements se font de plus en plus nourris, jusqu’à se transformer en un clapping après Britten et en acclamations bruyantes à la fin de Beethoven. Entre bravos, sifflets admiratifs et rappels, la salle vibre comme rarement. Même ceux qui toussaient entre les mouvements de Chostakovitch semblent avoir retrouvé leur souffle pour battre des mains à tout rompre.

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