CONCERT – Le Palazzetto Bru Zane organise son court festival dédié aux célébrations d’Hervé, compositeur fétiche de la maison vénitienne, dont on célèbre cette année le bicentenaire de la naissance. Pour l’occasion, Marc Mauillon et Pascal Sanchez ont monté un récital de chansons coquines de la grande époque des Goguettes. Un récital réservé aux plus de 18 ans…
Vous connaissez le Palazzetto Bru Zane ? Vous avez déjà vu ce nom en couverture de vos livres-disques préférés ? Vous reconnaissez le logo quand vous allez voir une opérette inconnue à l’Opéra Comique, ou un Carmen d’époque ? Et bien figurez-vous que, sur ce logo, il y a un petit palais. Un Palazzetto, pour être précis. Et où se situe ce Palazzetto ? À Venise ! Et où est-ce qu’on était ce week-end ? À Venise !
Week-end Romantique
Troquant la jalousie de nos potes contre un billet d’avion, nous voilà partis pour visiter ce petit bout de France Romantique à 5 minutes à pied du Grand Canal : ses moulures en stuc, son jardinet, ses fresques d’époque, son salon à coursives converti en salle de concerts… On ne vous en dit pas plus, on vous laisse découvrir ce reportage fait en 2011, pour satisfaire votre curiosité. Si jamais vous passez à Venise un de ces quatre…
Dimanche érotique
Ce qui nous y occupait, nous, c’était un concert du dimanche. Guitare et voix, Pascal Sanchez et Marc Mauillon réunis pour faire renaître dans cette salle rococo du plus grand raffinement l’ambiance de bouge des caves parisiennes, des arrière-boutiques obscures du XIXème où les bonnes mœurs en prenaient pour leur grade, à grand renfort de carafon, de guitares et de chansons, toutes plus grivoises les unes que les autres.

Dans ces textes au double-sens à peine voilé, ce qu’on n’appelait pas encore le male gaze triomphe. Quelques titres, en guise de mise en bouche : Le Chalumeau volé, Le Carillon agréable, Le sucre d’Orge, L’Oiseau enrhumé…
Extrait du Sucre d’Orge (Paroles d’auteur anonyme, musique de Giacomo Merchi) :
« Quel rhume, quelle toux, hélas !
Je vais mourir entre tes bras ! »
Disait un jour Colette à George.
« Pour adoucir mon mal de gorge,
George, George,
Donne-moi vite du bonbon.
Dépêche-toi donne-m’en donc !
Donne-moi de ton sucre d’orge. »
Vous l’avez compris, l’organe masculin est au centre des ébats dans ce concert qui n’a pas d’intime que la forme… Ça coquine à tour de bras !

Marc Mauillon : bel organe
En parlant d’organe, en voilà un qui en a un bien étonnant : Marc Mauillon. C’est pas le plus large certes, mais dans cet écrin cerné de moulures, ce n’est pas la taille qui compte. La salle est remplie par une projection charnue, toujours placée au bon endroit. Et mon dieu, quelle souplesse ! Un vrai tout-terrain, un virtuose du timbre, capable aussi bien de caresser les cimes de la ligne que de faire trembler de plaisir les graves de la cave. Marc Mauillon sait nous chatouiller dans les oreilles, nous faire rire, nous faire plaisir, nous séduire, et tout un tas de mots en -ire qu’on se cache de dire…

Quelle endurance aussi ! Pendant un peu plus d’une heure, Marc Mauillon et son complice Pascal Sanchez à la guitare (un autre bel instrument) enchaînent les bons mots, les beaux airs et les clins d’œil amusés à un public qui répond toujours présent, en tout cas pour ceux qui comprennent les sous-entendus. Pour les autres, il y a la traduction en italien des présentations (parce que oui, Mauillon maîtrise aussi la langue…), et surtout ce délicieux jeu de gestes : bouches béantes, yeux écarquillés, battements de cils et autres signes de ravissement qui ne laissent plus aucune place au doute.
Pour aller plus loin
Alors, sans oublier un numéro de trompette de carnaval (on a cherché « Bigophone » sur internet, pour s’en faire livrer un au bureau), un tambour féministe bienvenu, on est rentrés de Venise avec assez de photos pour faire jalouser nos potes, et en échange de stories Insta à faire saliver d’envie nos followers un joli cadeau : la retransmission de ce récital aussi hilarant qu’immanquable sur Bru Zane Replay, la plateforme en ligne du Palazzetto Bru Zane, à partir du 3 novembre à 21h !
À lire également : Carnet de voyage : la Venise du Palazzetto Bru Zane
Pour votre prochain dimanche après-midi sous la couette… Celui-là, pas besoin de VPN pour en profiter…

