Piano Portrait de Sargent à Orsay

ART ET MUSIQUE – En déclinaison de la grande rétrospective qu’Orsay consacre au peintre John Singer Sargent jusqu’au 11 janvier 2026, une soirée musicale et littéraire lui est consacrée à l’Auditorium du musée.

S’il n’avait pas été peintre, Sargent (mélomane passionné et excellent pianiste) aurait choisi la musique. Danièle Lebrun, sociétaire de la Comédie-Française et Sandra Bernhard, responsable de la programmation Musique et Spectacle Vivant du Musée, ont imaginé ensemble une soirée à la fois musicale et littéraire autour de la personnalité du peintre, alors mondialement connu. Conçue comme un dialogue entre les arts, cette soirée associe par ailleurs le formidable pianiste Abdel Rahman El Bacha et un autre sociétaire du Français, Serge Bagdassarian.

Une palette de copains

La Carmencita, huile sur toile, John S Sargent – 1890

Ami proche d’Henry James et d’Edith Wharton, tous deux modèles du peintre, Sargent entretenait avec eux une correspondance suivie toute emplie de finesse, d’humour mais aussi d’inquiétude. La lecture particulièrement savoureuse d’une partie de ces échanges mais aussi de textes annexes par Danièle Lebrun et Serge Bagdassarian, en dehors de l’art dispensé par ces deux comédiens d’exception, fait merveille. Les échanges autour de l’auteur anglais Georges Lillo apparaissent particulièrement remarquables par le sens de l’observation et de la critique qu’ils développent.

Pointilleux, mais pas pointilliste

© Alix Laveau

Une anecdote nous a particulièrement amusés : pour les 70 ans d’Henry James, Edith Warton a la gentille, mais malencontreuse idée de faire appel à tous leurs amis communs pour lui offrir un cadeau de choix : son portrait par Sargent. Drapé dans sa dignité, James refuse catégoriquement au prétexte que, parmi les donateurs, figurent des personnes qu’il n’apprécie pas. La chose s’arrangera finalement, et Sargent pourra accomplir sa tâche pour le plus grand bonheur de l’écrivain américain qui n’aura ensuite de cesse de s’admirer lui-même… Une reproduction de ce magnifique portait, un des plus aboutis de Sargent et pourtant maltraité par une suffragette américaine lors de sa première exposition publique, est projeté en fond de scène durant la seconde partie de la soirée.

À lire également : Danse sur toile au musée d’Orsay

À l’art de la parole, celui de la musique vient se mêler, avec toute la virtuosité et la maîtrise d’Abdel Rahman El Bacha, que ce soit avec Enrique Granados en lien avec la fameuse Carmencita de Sargent (voir plus haut) ou deux nocturnes de Gabriel Fauré, ami et peint lui-même par Sargent. Le pianiste livre un Notturno Nuit d’amour de Franz Liszt vibrant et plein de poésie, et des Variations sérieuses de Félix Mendelssohn puissantes. Cette soirée, qui associe plaisir et intelligence, a été vivement saluée par le public présent à l’Auditorium du musée d’Orsay, qui affichait complet pour l’événement.

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