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Vous avez dit Classique ?

DANSE – Après avoir enflammé les réseaux sociaux et figuré à deux reprises dans la liste « 30 Under 30 » du magazine Forbes, Victoria Dauberville pose enfin ses pointes sur des planches, celles du Théâtre Libre jusqu’au 4 janvier.

Avec Classique ?, son tout premier spectacle, elle propose une porte d’entrée ludique dans l’univers fabuleux de la danse classique, pour ses nombreux fans comme pour les néophytes et les enfants curieux, à qui elle prouve qu’on peut s’aventurer partout en tutu et sur pointes.

L’affiche elle-même casse les codes : grand écart spectaculaire entre deux camionnettes, clin d’œil assumé à Jean-Claude Van Damme. Son credo ? Danser dans des lieux improbables : les toits de New York, derrière un caddie de supermarché, sur un promontoire en haut du pic du Midi, en duo avec Stéphane Bern (présent le soir de la première) et même sur la proue d’un paquebot dans les eaux glacées de l’Antarctique sans oublier sa prestation en tutu face à un danseur de breakdance aux JO 2024.

Bref, pour ceux qui ne la connaissaient pas encore, Victoria Dauberville a fait du monde entier un terrain de danse. Sans filtres ni retouches, ses vidéos virales cartonnent en montrant une danseuse émancipée. La ballerine cool par excellence. Mais reste une question : que se passe-t-il lorsqu’elle accepte enfin de danser entre quatre murs ?

Une ballerine en cavale

Le pitch tient en une image : une danseuse s’échappe de sa boîte à musique, cette jolie cage rose bonbon ultra-stéréotypée, pour conquérir sa liberté. Finis les mouvements millimétrés, les arabesques mécaniques, les répétitions interminables et le carcan du ballet classique. Victoria Dauberville raconte sa propre histoire, celle d’une artiste qui a ressenti l’oppression du cadre avant de s’en affranchir. Un conte d’Andersen moderne, sans vraiment de happy-end, où l’héroïne ne cherche pas un prince mais plutôt sa propre voix. La fin rend hommage à L’École de danse de Goldoni, actuellement à l’affiche de la Comédie-Française : tous les danseurs se rebellent et prennent leurs valises. La liberté avant tout.

À Lire également : l’École de danse - danse avec la thune…
De Degas au béton

À l’image de ses vidéos virales, le spectacle enchaîne les escales avec une énergie contagieuse comme autant de mondes à traverser. D’abord, celui de l’Opéra et des tableaux de Degas : chignons tirés, tutus blancs, pointes et un vieux prof sévère armé de sa canne. Puis la gentille danseuse quitte sa cage dorée, pour affronter la rue, le métro, la foule qui la bouscule. Jamais sans ses pointes, elle explore le hip-hop, le breakdance et côtoie des danseurs urbains. Le rythme ne faiblit jamais et les transitions s’enchaînent plutôt bien.

Sur scène, six interprètes de sa compagnie l’accompagnent, dont Mathieu Forget, son amoureux. Ancien tennisman, devenu danseur de hip-hop, photographe et cinéaste complice depuis leur rencontre il y a quatre ans, il incarne lui aussi cette collision des mondes.

On pourra critiquer la simplicité des chorégraphies ou débattre des choix esthétiques. Mais reste un fait indiscutable : Victoria Dauberville a fait découvrir la danse classique à des milliers de néophytes, l’a dépoussiérée et a su séduire un public qui ne met jamais les pieds à l’Opéra. Et cela, personne ne pourra le lui enlever.

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