AccueilA la UneDvořák en partage : quand la Maison ronde ouvre grand les oreilles

Dvořák en partage : quand la Maison ronde ouvre grand les oreilles

CONCERT – À l’Auditorium de Radio France, ce concert de l’Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Simone Young avait tout d’un grand écart : création contemporaine, Prokofiev rugissant, et Dvořák en baume final. Mais derrière ce programme, une vraie question : comment rendre la musique classique accessible sans la simplifier ? Réponse en trois temps… et un dispositif bien pensé.

SuperPhoniques : la création au présent

La soirée s’ouvre sur N43 d’Élisabeth Angot. Derrière ce titre un peu mystérieux, une réalité très concrète : une œuvre commandée dans le cadre du dispositif SuperPhoniques, qui permet à des lycéens de plonger dans la création contemporaine.

Et ça change tout.

On n’écoute plus une pièce « difficile », on écoute le résultat d’un processus collectif, porté par des jeunes. Le contemporain cesse d’être une forteresse. Il devient un terrain de jeu. Ici, pas besoin de mode d’emploi : la curiosité suffit.

Prokofiev : provoquer pour mieux accrocher

Arrive le Concerto pour piano n°2 de Prokofiev. Une œuvre qui, à sa création, avait fait grincer des dents. On comprend pourquoi : ça cogne, ça grince, ça déborde.

Au piano, Marie-Ange Nguci ne cherche pas à lisser la partition. Elle l’assume. Elle la pousse. Elle la rend presque physique. Et c’est là que l’accessibilité se joue : dans l’engagement.

Pas besoin de connaître Prokofiev pour ressentir cette tension. Le public ne « comprend » pas forcément tout, mais il vit quelque chose. Et ça suffit largement.

Dvořák : le tube… mais pas que

Après la tempête, la Symphonie n°9 « Du Nouveau Monde » de Dvořák. On pourrait croire à un choix facile. En réalité, c’est un geste intelligent. Oui, c’est une œuvre connue. Oui, elle rassure. Mais sous la direction de Simone Young, elle ne se contente pas de séduire. Elle respire. Elle raconte. Elle prend son temps.

Et surtout, elle rassemble.

C’est là que le concert prend tout son sens : entre découverte (SuperPhoniques), défi (Prokofiev) et partage (Dvořák), chacun trouve une porte d’entrée.

Une salle… et des ondes

Diffusé en direct sur France Musique, le concert dépassait largement les murs de la Maison de la Radio. Une autre forme d’accessibilité, invisible mais essentielle.

Car démocratiser, ce n’est pas seulement remplir une salle. C’est multiplier les points d’écoute.

Conclusion : ouvrir sans diluer

Ce concert ne cherchait pas à simplifier la musique classique. Il faisait mieux : il la rendait partageable.

En misant sur la jeunesse, sur l’engagement des interprètes et sur une diffusion élargie, il répondait parfaitement à cette mission : parler au plus grand nombre.

Finalement, le « Nouveau Monde » n’était peut-être pas (seulement) celui de Dvořák. Mais bien celui du public.

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